Centres de santé : choisir entre dogmatisme et réalisme

Les derniers jours ont été agités. Je ne parle pas de l’épidémie d’Omicron qui continue d’emplir nos cabinets. Si vous avez regardé la télévision (et même si vous ne l’avez pas fait…) vous avez entendu parler de l’émission « Cash Investigation », qui prête à tous les syndicats médicaux (unis dans l’opprobre) un conservatisme responsable de la crise de l’accès aux soins. 
Facile et pratique. Mais simpliste. Le reportage d’abord, qui, à partir de témoignages choisis et après une description catastrophiste de la situation, propose des solutions simples : Yaka envoyer les docteurs où on en a besoin.
Les solutions proposées ensuite. Tout n’est pas si simple, comme le montre ce rapport de la DRESS, où l’on voit qu’aucune solution miraculeuse n’existe, et que la coercition, notamment, ne marche pas, ou peu. Et, propose des axes de réflexion que l’équipe de Cash n’a manifestement pas lus. Cette émission a déclenché une tempête de réactions et de réactions aux réactions. Les syndicats médicaux se sont indignés. Tous sans exceptions. C’est normal. Les centres de santé ont dénoncé, en appui à Cash Investigation, un libéralisme des médecins inacceptable et vanté les mérites du salariat. C’est tout aussi normal. Et la région Occitanie poursuit son chemin sur la lutte contre les déserts médicaux, en annonçant l’embauche des premiers médecins salariés sur certains territoires. Sans que l’on sache très bien comment ces territoires ont été choisis, l’ARS n’ayant pas encore publié le zonage qui fixe les zones prioritaires pouvant bénéficier d’aides. Et de se poser la question de savoir si lesdites zones, une fois aidées par la Région, seront toujours considérées comme zones déficitaires par l’ARS, et si les mesures prises ne vont pas déstabiliser un peu plus les professionnels libéraux de ces territoires (dont on imagine qu’ils ont été prévenus) … Le sujet est donc complexe, l’action rapide nécessaire et la réflexion et la concertation indispensables. C’est ce que demandent et portent les très réalistes médecins libéraux, conscients de la nécessité d’une réforme respectueuse de leur exercice indispensable à la population ainsi que d’une réponse partagée par tous, à partir de données (celles du zonage) très attendues.  

Jean-Christophe Calmes – Président de l’URPS ML
 
L’URPS MÉDECINS LIBÉRAUX MOBILISÉE FACE À L'URGENCE ET LA PRÉCARITÉ DE LA SITUATION DES FAMILLES UKRAINIENNES : MÉMO PRATIQUE
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