REZONE, l’outil d’installation des jeunes médecins

Rezone est un nouvel outil de cartographie dédié aux professionnels de santé, plus particulièrement aux jeunes médecins libéraux qui souhaitent s’installer. Il permet de visualiser les caractéristiques des territoires et les zones éligibles à des aides à l’installation.

C’est un simulateur qui informe des aides possibles et conseils pour l’installation d’un médecin en libéral : REZONE permet en effet de découvrir en un clin d’œil les données de la démographie médicale ou de la patientèle ainsi que les hôpitaux, cliniques, maisons et centres de santé et autres structures de proximité et de recours. Un outil idéal pour accompagner les professionnels de santé dans le choix de leur installation sur le territoire ! C’est la CPAM de Toulon qui est à l’initiative de ce projet. Il est mis à disposition des médecins en région PACA depuis le 24 septembre 2018. Depuis mars 2019, il intègre aussi la région Bretagne.  Et en juillet dernier, il a été déployé dans toutes les régions. Dans un premier temps proposé pour les médecins, cet outil sera ensuite développé pour les masseurs-kinésithérapeutes avant de s’étendre aux infirmiers, aux sages-femmes, aux orthophonistes.

Pourquoi REZONE ?

La définition du verbe rézoner qui signifie en langage informatique « effectuer de nouveau le zonage de quelque chose » a dû plaire aux concepteurs toulonnais qui ont développé cet outil de cartographie. Car il s’agit bien d’informer sur les zonages démographiques existants et de présenter de manière synthétique les caractéristiques principales des territoires (offre de soins, patientèle). Tout en offrant des simulateurs ou des informations permettant de déterminer le champ des aides Assurance Maladie, ARS et Urssaf possibles en fonction du projet d’installation, il permet également d’accéder aux services nationaux d’installation en ligne.

Le menu de REZONE est assez simple. En entrée, on vous propose de repérer les différents territoires de vie en matière de santé, les communes et leur potentiel. On découvre, commune par commune, la démographie générale, la démographie des patients (âge, affections longue durée, couverture maladie universelle) et des médecins libéraux (nombre, âge, secteur conventionnel des médecins installés), ainsi que l’offre de soins des omnipraticiens (estimation de l’activité médicale sur le territoire réalisée en actes cliniques et en actes techniques). En plat de résistance, on obtient des informations consacrées aux aides disponibles sur les zones sous-denses en offre de soins et dans lesquelles les médecins peuvent être incités à s’installer (grâce aux aides proposées notamment dans le cadre des accords conventionnels). Les montants de ces aides et l’éligibilité contractuelle du futur impétrant sont alors évalués. Et pour dessert, REZONE vous offre la possibilité de situer l’environnement hospitalier et les structures d’exercice coordonné de la commune consultée. Ainsi REZONE géolocalise les établissements hospitaliers, les cliniques, l’environnement sanitaire médico-sociale, l’hébergement en EHPAD, les services de suite, les maisons de santé, les centres de santé.

Les données d’activité sont enrichies semestriellement, les données de structures bimestriellement et les données démographiques mensuellement. On peut, par le biais du lien avec CARTOSANTÉ de l’ARS, accéder à des données plus affinées.

La nouvelle méthodologie

Le zonage reste le maître mot de cette politique d’aide à l’installation médicale ou à la pratique du médecin dans des zones sous-dotées.  Auparavant, la sélection se faisait en fonction du nombre de médecins par habitants, ce qu’on appelle la densité médicale. La nouvelle méthodologie s’appuie sur deux points. Tout d’abord le repérage se fait sur une base démographique et non géographique. On ne parle pas de zone en tant que superficie d’un territoire mais en parts de population couverte. Ensuite, tous les critères qui participent à l’analyse sont rassemblés dans un indicateur dit d’accessibilité potentielle localisée (APL) au médecin, qui s’exprime en nombre de consultations accessibles par an par habitant. Cet indicateur recouvre trois dimensions : l’activité de chaque praticien (mesurée par le nombre de consultations ou visites effectuées par le praticien) ; le temps d’accès au praticien ; et la consommation de soins des habitants par classe d’âge (pour tenir compte des besoins différenciés en offre de soins). Chaque région est constituée de territoires de vie-santé qui constituent la maille territoriale du zonage. Ces territoires sont composés eux-mêmes d’un ensemble de communes.

Pour caractériser les zones, sont établis 3 seuils d’APL exprimés en nombre de consultations accessibles par habitant par an afin d’être plus facilement compris par les usagers du système de santé tout comme les professionnels. En partant de l’observation qu’un habitant bénéficie en moyenne de près de 4 consultations par an sur le territoire national, trois zones ont été définies. Les plus fragiles sont en dessous du seuil souhaitable, accessible de 2,5 consultations par an et par habitant. Elles sont dénommées Zone d’Intervention prioritaire (ZIP). Les zones intermédiaires sont les zones d’action complémentaires (ZAC) et les moins fragiles les zones d’appui régional (ZAR). Les aides pour les médecins dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP) sont plus riches que dans les deux suivantes, les zones d’action complémentaires et les zones d’appui régionales qui sont moins fragiles. Les plus appréciées sont les aides conventionnelles pour les médecins toutes spécialités confondues.

Parmi les aides auxquelles on peut avoir droit, sous conditions, dans les ZIP, on compte : les aides collectives pour les Maisons de santé et les Centres de santé pluri professionnels (aide au démarrage de projet) ; les aides collectives de l’Assurance Maladie à l’exercice coordonné ; les aides collectives de l’ARS pour les équipes de soins primaires (ESP) et les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ; les aides individuelles pour les étudiants en médecine et odontologie et internes en médecine (CESP) ; les aides individuelles pour les maîtres de stage (revalorisation des honoraires) et les stagiaires (forfait transport et hébergement).

Pierre Kerjean

 

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