C’est fait : l’accès aux soins n’est plus une inquiétude diffuse : il est devenu une préoccupation majeure pour nos concitoyens. Le sondage national publié en janvier 2026 le confirme : 40 % des Français déclarent rencontrer des difficultés pour se soigner près de chez eux. La santé s’impose désormais comme un critère déterminant dans les choix électoraux à venir et singulièrement pour le prochain rendez-vous des Municipales.
Dans ce contexte, chaque décision publique qui impacte l’exercice libéral mérite d’être examinée avec lucidité.
La réforme du cumul emploi-retraite, telle qu’elle se profile, suscite de fortes inquiétudes. Beaucoup de médecins expérimentés, qui prolongent aujourd’hui leur activité pour maintenir l’offre de soins dans nos territoires, pourraient être découragés. Or, dans une région comme l’Occitanie, marquée par de fortes disparités territoriales, perdre ces forces vives serait un recul préoccupant. Nos aînés sont un maillon essentiel de la continuité des soins, de la transmission et de l’équilibre démographique médical.
Dans le même temps, les attentes évoluent. Les outils numériques démontrent leur utilité, notamment en matière de déprescription chez les patients âgés. Lorsqu’ils sont conçus pour accompagner – et non contraindre – ils peuvent constituer un véritable levier d’amélioration des pratiques. Le numérique doit rester un soutien clinique, pas une surcharge administrative supplémentaire.
La prévention du suicide illustre également l’importance d’une mobilisation collective. Le renforcement des dispositifs nationaux et territoriaux rappelle combien notre rôle de médecins de premier recours est central dans le repérage, l’orientation et l’accompagnement des patients les plus vulnérables. Là encore, coordination et proximité sont les maîtres mots de l’action.
L’ARS Occitanie en la personne de Didier Jaffre son directeur, déclare faire le choix d’un investissement accru dans la formation et les territoires. C’est une nécessité : former davantage, accompagner mieux, soutenir l’exercice coordonné : voilà des priorités que nous partageons.
Enfin, les débats parlementaires récents sur la fin de vie montrent à quel point les sujets éthiques et médicaux exigent sérénité, expertise et respect du terrain. Les médecins libéraux seront à leur place, une place centrale au cœur de leur mise en œuvre.
Face à ces enjeux, notre responsabilité est claire : défendre un modèle d’exercice libéral attractif, stable et reconnu. Sans médecins, il n’y a pas d’accès aux soins. Sans conditions d’exercice soutenables, il n’y aura pas de relève.
L’URPS Occitanie restera pleinement mobilisée pour porter votre voix, défendre l’attractivité de notre profession et construire, avec les institutions et les élus locaux, des réponses pragmatiques adaptées aux réalités du terrain.
Plus que jamais, notre engagement est indispensable.