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Une enquête sur les généralistes en Haute-Garonne : pratiques, temps de travail, projets, difficultés

Une enquête menée au printemps dernier en Haute-Garonne par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), le Conseil de l’ordre des médecins, les médecins libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) et l’Agence régionale de santé (ARS), vient actualiser des données qui remontaient à 2008. Les 1 400 médecins généralistes du département, dits médecins de premier recours (médecins traitants), ont été sollicités à travers un formulaire contenant une soixantaine de questions, pour renseigner leurs pratiques, leur temps de travail, leurs projets, leurs difficultés ; 35 % d’entre eux y ont répondu.

Découvrez ci-dessous les résultats de l’enquête :

Démographie médicale- CDOM CPAM ARS URPS

Lire ci-dessous l’article complet d’Emmanuelle Rey dans la Dépêche du Midi :

Toulouse. Médecins généralistes en Haute-Garonne : qui sont-ils ?

Sur la base d’une enquête menée auprès des médecins généralistes, l’assurance maladie, le Conseil de l’ordre des médecins, les médecins libéraux et l’ARS viennent d’établir une photographie de la situation des médecins dans le département.

Pour optimiser l’offre médicale d’un territoire, mieux vaut en connaître les contours. C’est le but de l’enquête menée au printemps dernier en Haute-Garonne par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), le Conseil de l’ordre des médecins, les médecins libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) et l’Agence régionale de santé (ARS). Elle vient actualiser des données qui remontaient à 2008. Les 1 400 médecins généralistes du département, dits médecins de premier recours (médecins traitants), ont été sollicités à travers un formulaire contenant une soixantaine de questions, pour renseigner leurs pratiques, leur temps de travail, leurs projets, leurs difficultés ; 35 % d’entre eux y ont répondu. «C’est un chiffre important si on considère le temps nécessaire aux réponses. Il a pour nous valeur statistique et il va guider nos actions », résume Michel Davila, directeur de la CPAM Haute-Garonne, pour qui un des chantiers prioritaires est aujourd’hui de ne pas pénaliser les patients sans médecin traitant (15 % des habitants de la Haute-Garonne n’ont pas de médecin traitant, contre 10 % au niveau national) et d’inciter les médecins à accepter de nouveaux patients, notamment avec la toute nouvelle proposition d’aide financière pour recruter des assistants médicaux.

«Il est important de mettre des mots et des chiffres sur des réalités que nous percevions. Une carte de la démographie médicale peut masquer des zones en difficulté», ajoute Laurent Poquet, délégué départemental de l’ARS Occitanie.

L’enquête confirme la féminisation de la profession (52 % de femmes), une tendance à l’exercice en structures regroupées, un temps de travail soutenu avec un nombre de consultations en progression et des visites en diminution. «Aujourd’hui aucun interne en fin d’études ne souhaite exercer tout seul », confirme le Dr Yvan Machato, représentant l’Union régionale des professionnels de santé.

Pour le Pr Stéphane Oustric, président du Conseil de l’ordre des médecins, l’intérêt d’une telle étude est de «définir un modèle pérenne, autour de nouvelles pratiques, en structurant les cabinets et en éduquant les patients. La démographie médicale va encore être tendue pendant sept ans, il faut donc faire en sorte que les jeunes s’installent beaucoup plus vite, les structures de regroupement doivent le permettre. Aujourd’hui, pour les médecins, il est très pénible de refuser des patients ». Des rencontres territoriales de proximité entre les différents partenaires et les médecins généralistes seront mises en place d’ici l’été 2020.

Le fléau de l’insécurité

L’enquête menée auprès des médecins généralistes de Haute-Garonne au printemps 2019 met à jour certaines difficultés dans l’exercice de leur profession. L’insécurité en est une. Ainsi, plus de la moitié des médecins (52 %) déclarent avoir été confrontés à une situation d’insécurité au cours de leur activité.

«Les agressions physiques sont certes en baisse (15 % des événements contre 22 % en 2008) mais elles sont plus violentes et compte tenu de la féminisation de la profession, ça ne nous rassure pas. Même chose pour les agressions verbales (90 % contre 81 % il y a dix ans) qui sont constatées même dans les cabinets très bien organisés. Le motif récurrent ? Le retard… Le patient ne supporte pas un retard de 20 minutes quand il a pris rendez-vous ou même ne comprend pas qu’il faille prendre rendez-vous alors que nous essayons de recevoir de plus en plus de monde », souligne le Pr Stéphane Oustric, président du Conseil de l’ordre des médecins de Haute-Garonne.

En 2019, l’Union régionale des professionnels de santé a mis en place un site et une application mobile, CORMEDAL, dédié à la protection des médecins avec un raccourci pour alerter rapidement la police.

Emmanuelle Rey. La Dépêche du Midi

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