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Rentrée sous pression, printemps sous tempête

C’est une rentrée qui annonce une année mouvementée, contexte électoral oblige.

Le premier débat organisé par le MEDEF a d’ailleurs laissé une place à la santé. Brève, la place. Trop brève pour entrer dans la réflexion nécessaire sur le devenir de notre modèle social — probablement à dessein, car les réponses ne sont pas vraiment porteuses électoralement. Mais suffisamment longue pour entendre certains candidats ressortir les poncifs sur le supposé open bar des arrêts de travail.

Ce qui traduit deux méconnaissances : celle de notre réalité d’exercice, et celle de l’état de santé de la société. Car s’il y a des arrêts, cela tient plus certainement aux conditions de travail qu’à un prétendu laisser-aller des médecins.

En parlant de dépenses — ou d’économies, selon l’angle qu’on choisit —, les médecins sont en droit de s’interroger sur la bienveillance, voire le soutien, de l’État à l’égard des nombreuses plateformes de téléconsultation, avec des subventions pouvant atteindre 50 % des dépenses d’un projet, dans la limite de 3 millions d’euros. Le PLFSS sera amusant à suivre.

Que la télémédecine ait son utilité dans le suivi d’un patient, personne ne le conteste. Mais elle génère des dépenses supplémentaires et mobilise sur des plateformes des médecins dont elle retarde d’autant l’installation. Les besoins sont sur les territoires, pas derrière les écrans.

Sur le plan réglementaire enfin, nous avons vu fleurir décrets et arrêtés, hors discussion parlementaire et hors convention médicale : sur les franchises médicales — dont les associations de patients ont obtenu la modification (mais pas nous) —, mais aussi sur la rémunération de la régulation, qui sort du FIR pour passer dans le champ conventionnel.

La régulation par décret est devenue le mode de gouvernance par défaut. Le paritarisme, lui, ne semble plus être qu’un guichet d’enregistrement.

L’été a été chaud, l’automne sera socialement brûlant. Et devant nous, au mois de mai, avis de tempête.

Bonne rentrée, et cramponnez-vous à vos stéthos !

Jean-Christophe Calmes, président de l’URPS Médecins libéraux

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