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L’évolution des ARS sera limitée à des mesures réglementaires

Un possible décret viserait à préciser le rôle des délégations départementales des ARS et à améliorer l’articulation avec les préfets

Alors qu’une réforme d’ampleur des agences régionales de santé (ARS) avait été envisagée fin 2025 dans le cadre d’un projet de décentralisation, les orientations semblent désormais nettement revues à la baisse. Selon plusieurs sources concordantes, l’essentiel des évolutions devrait finalement relever de mesures réglementaires, et non d’une transformation législative en profondeur.

Les premières versions du projet prévoyaient pourtant des changements significatifs : transformation des ARS en structures plus territorialisées, renforcement du rôle des élus locaux dans la gouvernance, ou encore montée en puissance de l’échelon départemental. Ces pistes, qui s’inscrivaient dans la continuité des annonces de Sébastien Lecornu, ne seraient plus à l’ordre du jour sous cette forme.

À ce stade, plusieurs éléments semblent stabilisés. Le statut d’établissement public administratif des ARS serait maintenu, tout comme leur organisation générale et leurs missions. Le lien direct avec le ministère de la Santé resterait également inchangé, ce qui écarte, pour l’instant, une évolution vers un pilotage plus fortement déconcentré sous l’autorité préfectorale.

Les évolutions attendues devraient plutôt passer par un décret, pris en application de la loi dite « 3DS » de 2022. Celui-ci viserait principalement à préciser le rôle des délégations départementales des ARS et à améliorer l’articulation avec les préfets, notamment en matière de coordination territoriale et de gestion de certains financements comme le fonds d’intervention régional.

Des discussions sont encore en cours sur le degré d’implication des préfets dans les décisions sanitaires locales, en particulier sur les modalités de consultation ou d’information. Ces points font l’objet d’une attention particulière des organisations syndicales, qui redoutent un déséquilibre entre autonomie des ARS et renforcement de l’autorité de l’État territorial.

Pour les médecins libéraux d’Occitanie, ces ajustements devraient donc rester progressifs et limités à court terme. Ils pourraient néanmoins se traduire par une présence accrue de l’échelon départemental et une coordination renforcée avec les acteurs locaux, notamment les préfectures.

Dans un contexte déjà marqué par des tensions sur l’accès aux soins et l’organisation territoriale, l’évolution des ARS devra être suivie attentivement, en particulier quant à ses effets concrets sur les politiques régionales de santé et les relations avec les professionnels de terrain.

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