
C’est dans le décor médiéval exceptionnel de la Cité de Carcassonne que s’est tenu le séminaire organisé les 10 et 11 avril par l’URPS médecins Occitanie et Med’inOcc pour réunir internes et médecins libéraux autour d’un objectif d’importance : mieux comprendre l’exercice libéral et faciliter le passage à l’installation.
Pensé comme un temps d’échanges ancré dans le réel, l’événement visait à lever les freins et à donner des repères concrets dans un contexte de tensions démographiques et organisationnelles et d’enclencher une expérience inédite de partage entre médecins de tous âges
En ouverture, le président de l’URPS Médecins Libéraux Occitanie, Jean-Christophe Calmes, a posé le cadre : « Nous allons découvrir ensemble ce programme qui a pour but de démystifier l’exercice libéral ». Il a également insisté sur le rôle structurant des institutions, appelant à « une administration de la santé qui dialogue avec nous de façon responsable ».

Même volonté de pragmatisme du côté de l’Agence régionale de santé Occitanie. Pour Pascal Durand, directeur du premier recours, travailler avec les libéraux est «plutôt un avantage », car ils sont au cœur des solutions de terrain. Il a défendu une logique d’actions concrètes : « Nous, on a besoin de faire des choses qui rendent service à la population sur le territoire », saluant au passage le partenariat renforcé autour de Med’in Occ.
Les témoignages de nombreux praticiens venus s’impliquer ont illustré la réalité de l’exercice. La pneumologue Laurence Safont a souligné la souplesse du libéral, permettant d’adapter son activité aux contraintes personnelles : « Le libéral permet d’interrompre ses consultations et de s’adapter à son propre planning ». De son côté, la généraliste Vanessa Poggi a mis en avant la liberté mais aussi la responsabilité associée : « Il ne faut pas avoir peur de décider et d’arbitrer quand on est médecin libéral ».
Au-delà des récits inspirants des parcours individuels, le séminaire a mis en valeur l’importance du travail en équipe et des structures coordonnées. Pour le généraliste Bruno Gay, l’évolution vers l’exercice regroupé a été décisive : « Ça a tout changé […] aujourd’hui je pars l’esprit tranquille », rappelant aussi que « le personnel est incontournable » pour améliorer les conditions de travail.
Enfin, les intervenants ont encouragé les jeunes médecins à s’approprier pleinement leur avenir professionnel. Le Dr Cyrille Chaugne a résumé cet état d’esprit en évoquant une dimension souvent méconnue : « La médecine libérale, c’est aussi de l’entrepreneuriat, n’en n’ayez pas peur ».
Au fil des échanges, un message s’est imposé : l’installation libérale n’est plus un saut dans l’inconnu, mais un parcours accompagné, collectif et adaptable. Un signal fort adressé aux futurs médecins, invités à construire leur exercice au plus près de leurs aspirations et des besoins des territoires.