
Une enquête publiée le 19 mai par la Fondation Jean-Jaurès, réalisée avec Doctolib, dresse un état des lieux contrasté de l’accès aux soins en France.
Si certains délais de rendez-vous se stabilisent ou s’améliorent, les renoncements aux soins restent très élevés.En médecine générale, le délai moyen pour obtenir une consultation reste d’environ trois jours. Certaines spécialités voient même leur situation progresser : ophtalmologie, dermatologie, gynécologie ou chirurgie dentaire enregistrent de légères améliorations, notamment grâce au développement du travail coordonné avec orthoptistes, assistants médicaux et infirmiers.
Mais les disparités territoriales demeurent très fortes. En Occitanie, l’accès à certaines spécialités reste particulièrement difficile dans les territoires ruraux : il faut par exemple attendre jusqu’à 164 jours pour un rendez-vous de cardiologie dans le Gers, contre 16 jours à Paris.
L’étude souligne surtout une réalité moins visible : les délais mesurent uniquement les rendez-vous obtenus. Or, 63 % des patients déclarent avoir déjà renoncé à chercher un rendez-vous, faute de disponibilité ou par découragement. Cette situation alimente le recours aux urgences : près d’un quart des patients s’y sont déjà rendus faute de consultation accessible.
Autre signal préoccupant : 6,7 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant déclaré en 2025. Les soins dentaires restent les plus fréquemment abandonnés, tandis qu’une femme sur trois ne bénéficie pas d’un suivi gynécologique régulier.
Dans ce contexte, plusieurs territoires misent sur l’accueil des internes pour renforcer l’attractivité médicale.
En Ariège, une vingtaine de nouveaux internes ont ainsi été accueillis à Pamiers avec l’espoir de favoriser leur future installation dans ces zones sous-dotées.
Source La Dépêche du Midi, Anne-Laure de Challup