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Vaccination au cabinet : le stockage des vaccins se précise, la facturation reste à définir

Les médecins libéraux pourront prochainement s’approvisionner en vaccins contre la grippe et le Covid et les conserver au cabinet afin de les administrer directement à leurs patients. Le dispositif, prévu par la LFSS pour 2026, doit encore être précisé par les textes réglementaires. Pour les professionnels, la simplification du circuit de facturation sera déterminante.

C’est une évolution attendue dans la stratégie de renforcement de la couverture vaccinale. L’article 55 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit d’autoriser notamment les médecins, infirmiers et sages-femmes, ainsi que les centres de santé, à s’approvisionner en vaccins, à les stocker et à les administrer aux patients concernés. Le dispositif doit encore être précisé par deux décrets, qui détermineront notamment les vaccins concernés ainsi que les conditions d’approvisionnement, de stockage, de conservation et de traçabilité.

Un avis favorable de la HAS

La Haute Autorité de santé a rendu, le 3 septembre 2026, un avis favorable sur le projet de décret. Cette étape rapproche donc la mise en œuvre opérationnelle du dispositif, annoncée pour l’automne.

Pour les médecins libéraux, l’enjeu ne porte toutefois pas uniquement sur la possibilité de conserver des doses au cabinet. Le circuit d’achat, de remboursement et de facturation devra être suffisamment simple pour que le dispositif soit réellement utilisable au quotidien.

Qui achète et qui paie le vaccin ?

C’est aujourd’hui l’un des principaux points d’interrogation. Qui commande les vaccins ? Qui en assure le paiement ? Comment le professionnel est-il ensuite remboursé par l’Assurance maladie ? Et selon quelles modalités ces opérations devront-elles être facturées ?

Le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF, alerte sur le risque que des démarches trop complexes viennent limiter l’intérêt pratique de la mesure. La question concerne également les infirmiers et les sages-femmes. L’objectif affiché de faciliter l’accès à la vaccination pourrait en effet être contrarié si le stockage de vaccins au cabinet s’accompagne d’une charge administrative importante pour les professionnels.

Un enjeu particulier pour les maisons de santé

La question se pose avec une acuité particulière dans les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) constituées en Sisa.

Dans ce cadre, la structure dispose généralement de moyens administratifs susceptibles de prendre en charge une partie des opérations de facturation. Le Dr Duquesnel défend ainsi l’idée que la Sisa puisse, lorsque cela est possible, commander les vaccins et gérer leur remboursement, plutôt que de laisser chaque professionnel effectuer individuellement l’ensemble des démarches.

Cette organisation permettrait de mutualiser la gestion et de limiter la charge administrative pour les soignants.

Une mesure attendue, mais encore incomplète

Le principe du stockage des vaccins au cabinet est donc désormais engagé. Reste à connaître les modalités précises de sa mise en œuvre, notamment celles qui concerneront l’approvisionnement, la conservation, la traçabilité et surtout la facturation. Pour les médecins libéraux, la réussite du dispositif dépendra autant de la possibilité de disposer de vaccins au cabinet que de la simplicité du circuit administratif qui accompagnera leur utilisation.

Source Le Quotidien du médecin par Loan Tranthimy

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