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Mortalité en baisse mais vieillissement de la population

L’étude montre que la mortalité féminine demeure largement inférieure à celle des hommes

La mortalité continue de reculer en France lorsqu’elle est analysée à population comparable. C’est l’un des principaux enseignements des nouvelles données publiées par Santé publique France, la Drees et le CépiDC-Inserm concernant l’année 2024.
Au total, 641 046 décès ont été enregistrés l’an dernier, soit près de 4 000 de plus qu’en 2023. Une hausse qui pourrait sembler contradictoire avec l’amélioration observée. En réalité, cette augmentation s’explique principalement par le vieillissement de la population. Lorsque les données sont standardisées en fonction de l’âge et de la taille de la population, le taux de mortalité poursuit sa baisse, passant de 788,6 à 777,9 décès pour 100 000 habitants.
Cette évolution s’inscrit dans la continuité du recul observé depuis la fin de la crise sanitaire. Après la surmortalité liée à la pandémie de Covid-19 entre 2020 et 2022, puis une forte baisse en 2023, l’année 2024 confirme la tendance, malgré un contexte marqué par une recrudescence des pathologies respiratoires, notamment lors de l’épidémie de grippe hivernale.

Les cancers et les maladies cardiovasculaires restent les principales causes de décès

Les cancers demeurent la première cause de décès en France, représentant 27,1 % des décès, devant les maladies cardio- et neurovasculaires (21,2 %). Les auteurs soulignent toutefois que ces deux grandes catégories continuent de diminuer globalement au fil des années.
Parmi les cancers, celui du poumon reste en tête, suivi du cancer colorectal, du pancréas et du sein. Le cancer du pancréas constitue néanmoins une exception, avec une mortalité qui continue de progresser.
Autre signal d’alerte : les décès liés aux chutes chez les personnes âgées de plus de 85 ans ont augmenté de 7 % en un an, illustrant l’importance croissante des enjeux de prévention de la perte d’autonomie.

Des disparités persistantes entre hommes et femmes

Si le nombre brut de décès est similaire entre les sexes, les hommes décèdent plus jeunes : l’âge moyen au décès est de 76 ans contre 83 ans chez les femmes.
Après standardisation, la mortalité masculine demeure 1,6 fois supérieure à celle des femmes, confirmant des écarts de santé persistants tout au long de la vie.

Le poids souvent sous-estimé des maladies chroniques

L’analyse des certificats de décès met également en lumière le rôle majeur des comorbidités. Dans près d’un tiers des cas, une ou plusieurs pathologies associées sont mentionnées sans constituer la cause initiale du décès.
L’hypertension artérielle et le diabète figurent parmi les affections les plus fréquemment retrouvées, aux côtés des antécédents de cancer, des greffes, des insuffisances d’organes ou encore des facteurs de risque liés au tabac et à l’alcool.
Pour les auteurs, ces données rappellent que l’analyse de la seule cause principale de décès tend à sous-estimer le poids réel des maladies chroniques dans la population. Elles illustrent également la complexité croissante des situations cliniques rencontrées chez les patients âgés et polypathologiques, un enjeu majeur pour l’organisation des soins dans les années à venir. 

Source APM News

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