La mobilisation des médecins libéraux a été massive. Dans notre région en particulier, elle a exprimé avec force une réalité que plus personne ne peut ignorer : la médecine de ville est à bout de souffle, et l’accès aux soins est en train de se fracturer.
Cette grève n’était pas un mouvement d’humeur.
C’était un avertissement. Oui, des avancées ont été annoncées.
Mais nous le savons d’expérience : tant qu’elles ne sont pas traduites dans la loi et dans des mesures concrètes, rien n’est définitivement acquis. Notre vigilance reste totale.
Car la santé est désormais au cœur du débat politique. Et c’est heureux.
L’accès aux soins est une urgence nationale, une attente majeure de la population, et le cœur même de notre engagement à l’URPS. Nous travaillons sans relâche, avec les projets portés sur le terrain, pour maintenir une offre de soins de proximité.
Mais la réalité démographique est implacable : vieillissement, explosion des maladies chroniques, perte d’attractivité de la médecine libérale… Cette anxiété dans les territoires ne pourra pas être absorbée par les seuls médecins restants. L’engagement ne suffira pas à compenser vingt-cinq ans d’erreurs politiques.
Les Français le vivent déjà : un sondage publié en janvier 2026 indique que 40 % d’entre eux rencontrent des difficultés pour se soigner près de chez eux, plus de 50 % dans les zones rurales. 80 % ont renoncé à des soins cette année, faute de délais acceptables ou de professionnels disponibles.
Face à ce constat, il est urgent d’avoir une stratégie lisible, des états généraux de la santé.
À l’approche des municipales, l’accès aux soins pèsera lourd. Les territoires attendent des actes, pas des discours.
Notre mobilisation a marqué un tournant. Elle doit maintenant déboucher sur des décisions fortes, durables, et enfin à la hauteur.
Jean-Christophe Calmes président de l’URPS Médecins libéraux Occitanie