Une étude de l’INSEE confirme le rôle « néfaste » à court terme de la pollution automobile sur la santé réspiratoire

La hausse de la pollution atmosphérique due au trafic automobile en période de grève des transports en commun conduit à une augmentation des admissions aux urgences pour des affections aiguës des voies respiratoires supérieures, conclut une étude de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (Insee) publiée lundi.

« L’analyse des effets directs et indirects d’un événement ponctuel, comme une perturbation dans les transports en commun un jour de grève, permet ici d’établir un lien de cause à effet entre la pollution issue du trafic automobile et les admissions aux urgences pour certaines pathologies respiratoires », soulignent Alexandre Godzinski et Milena Suarez Castillo de la division marchés et entreprises de l’Insee.
Cette étude a été menée entre 2010 et 2015 dans les 10 plus grandes aires urbaines françaises (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nice, Nantes, Strasbourg et Rennes), hors période de vacances scolaires. Dans ces zones, « les seuils d’exposition au-delà desquels la pollution est considérée comme nuisible par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont très souvent dépassés », pointent les auteurs.
Ils ont procédé à l’analyse des données disponibles, au cours de 91 épisodes de grève (d’une journée), sur la congestion de la circulation, le nombre de véhicules, la pollution de l’air (fournies par les associations agréées de la surveillance de la qualité de l’air -Aasqa) et les admissions aux urgences (fournies par l’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation -ATIH- à partir du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information -PMSI).
Ils ont observé que les jours de grève, le temps de parcours automobile sur une distance donnée était en hausse significative de 7% en moyenne par rapport à la veille ou aux 2 jours suivants.

Le lendemain du jour de grève, c’est la concentration atmosphérique en particules fines de taille inférieure à 2,5 µm (PM2.5) qui est significativement augmentée (de l’ordre de 10-13%). « Ces effets retardés sur la concentration en polluant peuvent être attribués à un processus d’accumulation de la pollution de l’air d’un jour sur l’autre », expliquent les auteurs.
Ils ont observé que les admissions aux urgences pour affections aiguës des voies respiratoires supérieures (pharyngite, laryngite, etc.) étaient significativement plus nombreuses le jour de la grève, supérieures de 0,3 admission par million d’habitants par rapport au niveau moyen d’admissions un jour standard, soit 0,8 admission par million d’habitants.
Les lendemains de grève, les admissions pour anomalie de la respiration sont en hausse significative de 0,2 admission/million d’habitants.
A l’inverse, au cours des deux jours suivant la grève, les admissions aux urgences pour grippes et pneumonies diminuent de 0,6 admission par million d’habitants, par rapport à un jour standard (4,4 admissions par million d’habitants).
Les auteurs expliquent ce résultat par le fait que « les échanges et contacts entre les personnes seraient moins fréquents les jours de grève » (moins de déplacements vers les lieux de travail, moins d’enfants dans les écoles/crèches, moindre fréquentation des transports en commun), entraînant de fait « une moindre transmission des agents infectieux entre les personnes ».
« L’impact de la pollution de l’air automobile sur  la santé des populations urbaines est significatif, y compris pour de faibles variations de la qualité de l’air urbain », soulignent les auteurs.

Bien que l’effet de court terme soit « probablement sous-estimé » en raison d’une moindre propagation virale (ce qui a pour effet de lisser le nombre d’admissions aux urgences pour pathologies respiratoires toutes causes confondues), le fait de« constater une hausse de certaines pathologies respiratoires permet de conclure à l’effet néfaste, à court terme, de la pollution automobile sur la santé respiratoire », concluent-ils.

APMnews

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