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Prévention de la perte d’autonomie : plus de 9 000 personnes inscrites à ICOPE en Occitanie

En Occitanie, plus de 9 000 personnes se sont inscrites au projet ICOPE, un programme de prévention de la perte d’autonomie permettant de dépister précocement des pertes de fonctions et de tenter de les rétablir.

Le projet ICOPE (Integrated Care for Older People, d’après l’expression I cope en anglais, « Je fais face ») a été lancé en 2017 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce programme s’inscrit dans une politique de prévention pour limiter le nombre de personnes âgées dépendantes dans les années à venir et leur permettre de vieillir en bonne santé.

Il a pour ambition de prévenir, d’ici à 2025, l’entrée en dépendance de 15 millions de personnes dans le monde dont environ 150 000 en France.

Le ministère des solidarités et de la santé prévoit de lancer une expérimentation nationale sur ce programme de prévention de la perte d’autonomie d’ici la fin de l’année, pour trois ans, afin notamment de préciser les populations bénéficiaires, les acteurs impliqués et les organisations opérantes).

En France, le gérontopôle du CHU de Toulouse a mis au point avec l’OMS une application d’évaluation du vieillissement. Avec l’agence régionale de santé Occitanie, il l’expérimente depuis avril 2020. « Le CHU a des résultats remarquables », explique Marc Penaud, directeur général de l’établissement. « L’idée est de repérer la perte d’une fonction pour la rétablir le plus rapidement possible avant que d’autres ne soient altérées », souligne de son côté le Pr Bruno Vellas, responsable du gérontopôle du CHU de Toulouse. « Pour l’OMS, vieillir en bonne santé, c’est garder ses fonctions pour continuer à faire ce qui est important pour chacun d’entre nous ».

ICOPE est un programme en plusieurs étapes. Il permet d’abord pour les personnes âgées de réaliser un dépistage (Step 1), seul ou accompagné d’un proche ou d’un professionnel de santé, grâce à des applications gratuites (Icope Monitor, Icope bot). Il s’agit d’un questionnaire qui évalue six domaines : le déclin cognitif (test de mémoire), la mobilité (se lever cinq fois d’une chaise bras croisés sur le thorax), la malnutrition, la déficience visuelle et auditive, et les symptômes dépressifs.

En cas de fragilité déjà connue ou de bonne santé, le test est renouvelé quatre à six mois après le premier. Le patient peut être télésuivi par un infirmier hospitalier ou d’un centre de santé, qui recevra une alerte en cas de déclin dans une ou plusieurs des six fonctions de l’outil de dépistage.

En cas de baisse d’une capacité, le participant est invité à réaliser une évaluation plus approfondie de la fonction altérée ou une évaluation standardisée gériatrique si la personne est déjà fragile (Step 2).

Un plan de soins est ensuite élaboré (Step 3) pour maintenir la fonction. Par exemple, dans un cas sur deux, cela concerne une pathologie comme la cataracte que l’on peut opérer et dans l’autre moitié des cas il faut faire appel à plusieurs professionnels.

Selon les difficultés, l’intervention est personnalisée et à la carte mais surtout elle s’appuie sur les ressources de proximité. « Les interventions sont efficaces car elles sont précoces. Elles incluent des prises en charge médicales et une intervention multidomaines comme de l’exercice physique, cognitif, un rééquilibrage nutritionnel », explique le Pr Bruno Vellas.

Plus de 9 000 personnes se sont inscrites à ICOPE en Occitanie. La moyenne d’âge est de 74,8 ans. Plus de 2 100 professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens et kinés) ont téléchargés l’application.

Environ 14 000 dépistages (en comptabilisant les renouvellements de dépistage entre quatre à six mois après le premier) ont été réalisés entre avril 2020 et mai 2021. Dans le détail, 5 % des participants n’avaient aucune anomalie dans leurs fonctions, 71 % une déficience visuelle souvent déjà connue, 56 % cognitive, 49 % auditive, 36 % psychologique, 33 % une baisse de la mobilité et 17 % une dysfonction de la nutrition.

Parmi les pertes de fonctions nouvellement détectées lors du dépistage, 31 % avaient un déclin cognitif nouveau, 28 % avaient une sensation récente d’être déprimé, 27 % une baisse récente de l’audition, 20 % de la vision et 10 % une perte de poids. Entre 10 et 20% auront besoin d’une Step 2.

Les altérations augmentent avec l’âge, notamment sur la mobilité : 19,5 % présentaient un trouble de mobilité chez les moins de 70 ans contre 61,2 % chez les plus de 85 ans.

Plus de 4 500 personnes sont suivies après le 6e mois. Près de 374 personnes ont arrêté leur suivi au cours de l’année.

Parmi les participants qui ont choisi de s’auto-évaluer, soit un millier de personnes avec une moyenne d’âge de 68,6 ans, une plus grande proportion par rapport à l’ensemble des participants ne présentait pas d’anomalies (14 %). La vision était le domaine le plus altéré (61,6 %) suivi de la cognition (45 %) et de l’audition (33 %).

 (source APMnews)

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