L’URPS veut coopérer
 avec les conseils départementaux

Après les rencontres avec les maires il y a deux ans, voici celles avec les présidents des conseils départementaux, l’URPS organise ces rencontres avec les élus des départements pour mettre en place des actions conjointes dans la lutte contre l’inégalité de l’accès aux soins sur les territoires départementaux.

Pendant six mois, entre la fin de 2017 et le début de l’année 2018, les élus de l’Union régionale des médecins libéraux d’Occitanie ont sillonné la région pour aller à la rencontre des représentants des collectivités locales, réfléchir sur les difficultés d’accès aux soins de la population et tenter de les prévenir. À chaque rencontre (une dizaine dans différentes villes, à Foix, Auch, Albi, Montpellier, Béziers, Toulouse, Lodève, La Grande Motte et Colomiers) avec le maire ou l’adjoint au maire chargé de la santé, ils ont abordé de front le sujet épineux de la démographie médicale. L’accueil fait par les élus communaux a montré leur intérêt manifeste de mettre en place un travail collaboratif avec les médecins du territoire et l’ensemble des institutionnels concernés par l’organisation des soins.

Après cette mise en jambe relationnelle qui a permis de mieux faire connaître l’Union régionale des professionnels de santé – Médecins libéraux d’Occitanie aux élus des collectivités locales, l’URPS, aujourd’hui, veut aller plus loin. Elle souhaite tisser des liens privilégiés avec les acteurs publics régionaux, et notamment avec les décideurs départementaux. Aussi depuis début octobre, l’URPS a sollicité des rencontres avec trois conseils départementaux de l’Aude, de l’Aveyron et du Gers. Trois réunions par conseil départemental au cours desquelles l’URPS-ML Occitanie souhaite, dans la mesure où les conseils départementaux sont garants de la solidarité territoriale et acteurs majeurs de la santé, se positionner en tant que partenaire de référence de ces institutions dans la lutte contre l’inégalité de l’accès aux soins. Il s’agit, comme le souligne le Dr Maurice Bensoussan, président de l’Union, « d’affirmer le rôle de la médecine libérale dans la construction de réponses concrètes sur l’accès aux soins et devenir le fédérateur des projets au service d’une vraie place pour la médecine libérale sur les territoires. »

L’INQUIÉTUDE DU DÉPART
 À LA RETRAITE DES MÉDECINS

Aujourd’hui, si l’on fait un survol rapide de ces trois départements, on constate un fort besoin de la part des élus. L’Aveyron est déjà bien engagé dans toutes ces problématiques : le département accompagne financièrement la création des maisons de santé pluriprofessionnelles pour renforcer la présence médicale de proximité. Ses actions s’étendent aussi à l’accueil des internes avec une aide financière à l’hébergement ainsi qu’une aide logistique à la recherche de logement. Ces différents programmes semblent porter leurs fruits : l’Aveyron affiche aujourd’hui un solde positif d’installations de médecins généralistes. Néanmoins, les élus s’inquiètent pour l’avenir, car ils ont l’œil rivé sur le tableau de bord du départ à la retraite des médecins aveyronnais.

De leur côté, les Gersois veulent définir un projet de santé par bassin de vie. Ils souhaitent recevoir l’appui des professionnels de santé eux-mêmes. Ils se disent « persuadés que rien de concret ni d’efficace ne pourra se faire sans la participation des professionnels de santé qui doivent être le premier maillon de l’action nécessaire à engager. »(*)

La pénurie de médecins n’épargne pas l’Aude. Le conseil départemental dit « faire de la lutte contre la désertification médicale une de ses priorités ». Deux démarches complémentaires sont menées : participer à l’ouverture de maisons pluriprofessionnelles de santé et inciter les jeunes médecins à s’installer dans l’Aude.

Il s’agira donc, dans cette lutte contre l’inégalité de l’accès aux soins, et au travers des différentes rencontres avec les représentants des conseils départementaux, d’élaborer une feuille de route partagée autour des projets concrets pour, notamment, améliorer l’accès aux soins incluant les questions de mobilité et donc de transport, des inégalités sociales, et du vieillissement. Et pour répondre à l’une des premières questions autour de la démographie médicale, il sera nécessaire de la poser en ces termes : comment augmenter l’attractivité des territoires respectifs pour les professionnels de santé ? Les élus locaux ont certainement des pistes pour élaborer la réponse. De son côté, l’URPS s’engage dans le déploiement le plus large possible des CPTS et essaiera d’impliquer les élus dans cette grande réforme territoriale de santé.

Odile Fraye

(*) Source : La Dépêche du Midi

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