
À quelques mois de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027, l’Assurance maladie dévoile sa feuille de route. Dans son rapport annuel « Charges et produits », elle propose près de 3,9 milliards d’euros d’économies, tout en alertant sur une situation financière devenue préoccupante : le déficit de la branche maladie pourrait dépasser 40 milliards d’euros à l’horizon 2030 sans réformes structurelles.
Plutôt que de privilégier des mesures ponctuelles, la Cnam défend une stratégie pluriannuelle articulée autour de trois priorités : renforcer la prévention, mieux organiser les parcours de soins et améliorer la pertinence des prescriptions et des actes. Une orientation qui conforte le rôle central des médecins libéraux dans la transformation du système de santé.

La prévention est présentée comme le principal levier pour contenir la progression des maladies chroniques. L’Assurance maladie propose notamment de renforcer le dépistage précoce des troubles de santé mentale chez les enfants et les adolescents en médecine générale, de développer le repérage de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) dans le cadre de l’exercice coordonné et d’intensifier les politiques de prévention du tabagisme, de la nutrition et de la vaccination.
Le rapport insiste également sur l’évolution des parcours de soins, avec un objectif clair : permettre aux patients atteints de maladies chroniques d’être suivis en priorité en ville. Pour les personnes âgées, la Cnam souhaite faciliter le diagnostic précoce des maladies neurodégénératives grâce à la téléexpertise, développer des solutions d’hébergement temporaire après une hospitalisation, élargir le dispositif « Mon soutien psy » et renforcer la vaccination contre les infections à pneumocoques.
Autre axe majeur : améliorer la pertinence des prescriptions. L’Assurance maladie appelle à développer la « déprescription » des traitements devenus inutiles ou inadaptés, notamment chez les personnes âgées et à la sortie d’hospitalisation. Elle souhaite également favoriser le recours aux médicaments génériques et biosimilaires et engager une réflexion sur une utilisation plus raisonnée de certains traitements innovants, notamment en cancérologie.
Enfin, le rapport formule plusieurs propositions visant à améliorer l’efficience du système : expérimentation de nouveaux modes de rémunération pour certains actes de biologie, renforcement de la lutte contre les fraudes, poursuite de la dématérialisation des prescriptions et sécurisation du tiers payant.
Pour les médecins libéraux, ce rapport confirme une tendance de fond : la maîtrise des dépenses de santé passera moins par des restrictions budgétaires que par une organisation plus préventive, coordonnée et pertinente des soins. Une orientation qui rejoint les évolutions déjà engagées autour des CPTS, de l’exercice coordonné, de la prévention et du suivi des maladies chroniques, et qui devrait nourrir les débats autour du prochain PLFSS.
(Source le QDM)