
Près de 15 % des couples sont confrontés à une infertilité en France. Un facteur masculin est impliqué dans 60 % des cas. Au-delà du spermogramme, la classification Aphrodite distingue cinq profils afin d’affiner le diagnostic et d’orienter la prise en charge, notamment hormonale.
Cinq profils, cinq stratégies
- Groupe 1 – Hypogonadisme hypogonadotrope : déficit hormonal congénital ou acquis, responsable d’une stimulation insuffisante des testicules. Le traitement repose sur l’association de gonadotrophines, FSH et hCG, adaptée à l’origine du trouble.
- Groupe 2 – Hypogonadisme relatif : oligospermie, voire azoospermie, inexpliquée malgré une FSH et une testostéronémie normales. La stimulation de la spermatogenèse par la FSH peut être envisagée chez certains patients.
- Groupe 3 – Hypogonadisme fonctionnel : anomalies spermatiques associées à une testostéronémie basse et à une FSH insuffisamment élevée. La prise en charge repose généralement sur l’hCG, avec ajout éventuel de FSH selon la réponse.
- Groupe 4 – Atteinte testiculaire sévère : oligospermie sévère avec FSH normale à élevée et testostéronémie basse ou normale. Ce profil peut notamment être associé à un syndrome de Klinefelter, une cryptorchidie bilatérale, une chimiothérapie ou une orchite. Les possibilités thérapeutiques sont limitées ; en cas d’azoospermie persistante, une extraction spermatique peut être discutée.
- Groupe 5 – Infertilité idiopathique : infertilité persistante malgré un spermogramme et des dosages hormonaux normaux. Des explorations complémentaires peuvent rechercher des anomalies fonctionnelles des spermatozoïdes ou une fragmentation de l’ADN spermatique. La prise en charge vise notamment à corriger les facteurs modifiables, comme le tabagisme, la chaleur, l’obésité ou l’exposition à des toxiques.
En bref
Pour le Dr Charlotte Methorst, chirurgienne urologue et co-coordinatrice du rapport de l’Association française d’urologie sur la fertilité masculine, cette approche permet de mieux caractériser les patients et de personnaliser les stratégies thérapeutiques. Elle rappelle également que l’ICSI ne corrige pas toutes les causes d’infertilité masculine et que l’évaluation de la santé masculine avant une assistance médicale à la procréation reste essentielle.