
Le rapport de l’Igas* sur l’organisation de la périnatalité, rendu public récemment, suscite de vives critiques de la part de trois spécialistes de la discipline. Dans une tribune publiée dans Le Monde, les Prs Patrick Rozenberg, président du CNGOF, Yves Ville et Olivier Morel dénoncent une analyse qu’ils jugent « réductrice et approximative », ainsi que l’absence de recommandations suffisamment opérationnelles.
Les trois obstétriciens contestent notamment l’analyse de l’Igas sur la taille des maternités et la mortalité néonatale, estimant qu’elle ne tient pas suffisamment compte des facteurs de confusion ni de la complexité des patientes prises en charge dans les maternités de niveau élevé. Ils regrettent également que le rapport réduise les propositions de réorganisation à une simple fermeture des petites maternités, alors que l’Académie nationale de médecine préconisait en 2023 de les intégrer dans un réseau de proximité associant centres de prise en charge, sages-femmes, télémédecine et recours aux obstétriciens.
Les auteurs déplorent enfin l’absence de recommandations concrètes sur la télémédecine et critiquent les propositions concernant la démographie des sages-femmes. Pour eux, le rapport risque surtout de conforter le statu quo alors que les sociétés savantes plaident depuis plusieurs années pour une réorganisation de l’offre périnatale, un renforcement de la proximité et des équipes médicales stables.
*L’Igas, est l’inspection générale interministérielle du secteur social
(Source APM News)