
Quelques semaines après son placement en redressement judiciaire, l’association Asalée poursuit sa défense et appelle désormais à une clarification au niveau national. Dans un courrier adressé aux députés de la commission des affaires sociales, la Dre Margot Bayart, ancienne présidente, demande la création d’une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner « en toute transparence » les critiques visant le dispositif.
Depuis plus de vingt ans, Asalée développe un modèle de coopération entre médecins généralistes et infirmières pour le suivi des patients chroniques, impliquant aujourd’hui environ 2 000 infirmières et 9 000 médecins. Ce modèle, largement implanté en soins primaires, se retrouve aujourd’hui fragilisé par les tensions avec les pouvoirs publics.
L’association conteste fermement les reproches formulés ces derniers mois, notamment ceux issus d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui évoquait des difficultés de gouvernance et de pilotage financier. Elle affirme avoir engagé les mesures demandées, notamment en matière de transparence et d’évolution de son organisation, et souhaite désormais un examen contradictoire des faits.
Sur le terrain, l’impact se fait déjà sentir. Si l’activité clinique se poursuit, plusieurs composantes du modèle — formation, recherche, projets transversaux — seraient actuellement à l’arrêt. Les équipes évoquent un contexte d’incertitude pesant sur l’organisation du travail et la dynamique de coopération avec les médecins.
Dans ce contexte, l’association alerte sur le risque d’un affaiblissement durable de ce modèle de prise en charge coordonnée. Elle appelle à une clarification rapide de son cadre et de son financement, alors qu’une échéance intermédiaire de la procédure judiciaire est attendue dans les prochaines semaines.
Pour les médecins libéraux, l’évolution de la situation d’Asalée constitue un point de vigilance, compte tenu de son rôle dans la structuration du travail en équipe et du suivi des patients chroniques en soins primaires.
Source Le quotidien du médecin, Loan Tranthimy