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Vaste étude sur la pratique de la téléconsultation en région Île-de-France

Female doctor or pharmacist in her surgery office with headset in front of her computer talking via video chat with a patient, telling her to take things easy

Une enquête sur la téléconsultation en région Île-de-France a entrepris une comparaison entre la pratique par des médecins généralistes traitants et celle effectuée au sein des plateformes dédiées à cet usage (Livi, Care et Medadom). Menée du 1er janvier au 30 juin 2023, l’étude révèle des écarts en matière de profil de patients ou de prescriptions. Pour mémoire, 1,4 million de téléconsultations pour quelque 78 000 Franciliens de plus de 16 ans ont été passées au crible de cette enquête.

Albert Lautman, directeur coordonnateur de la gestion du risque en Île-de-France pour l’Assurance-maladie et directeur général de la caisse primaire de l’Essonne, a dévoilé les premiers résultats édifiants de cette étude. Lancée après que plusieurs organisations professionnelles, dont MG France et l’URPS Île-de-France, l’enquête fait suite à l’interpellation, sur le développement de mauvaises pratiques en  matière de téléconsultation.

Parmi les premiers résultats de cette enquête sur le profil des patients, l’étude révèle que le public ayant recours aux téléconsultations est plus jeune comparé à l’ensemble des assurés sociaux. En Île-de-France, 55 % des téléconsultants ont entre 20 et 39 ans. On observe par ailleurs que ceux qui téléconsultent à travers des plateformes spécialisées sont en moyenne plus jeunes (en moyenne 31 ans) que ceux qui téléconsultent via des médecins généralistes (en moyenne 43 ans). Par ailleurs, 82 % des téléconsultations réalisées sur les trois plateformes étudiées profitent à des jeunes actifs de moins de 40 ans. Ce chiffre s’élève à un peu plus de 50 % pour les téléconsultations proposées par les médecins généralistes traitants. 

Les principaux bénéficiaires de ces téléconsultations de plateforme ne sont pas du tout des patients âgés polypathologiques n’ayant plus de médecin traitant… Sur les plateformes, on est effectivement bien loin du profil du patient polypathologique complexe et âgé. Généralement, ce type de patients jeunes consultent pour des pathologies de la vie courante (sphère ORL, problèmes digestifs, petites infections, etc.). 

En ce qui concerne les téléconsultations de plateformes, la prescription d’antibiotiques est 2,5 fois plus élevée que celles des généralistes traitants (14,7 % versus 5,8 %). Cela peut s’expliquer par un réflexe de prudence des médecins qui travaillent pour ces opérateurs de télémédecine. Souvent, ils ne connaissent pas le patient.

De manière générale, la question des bonnes pratiques en matière de prescriptions concerne l’ensemble des médecins et pas seulement ceux présents sur les plateformes. Le taux de re-consultation à 15 jours est légèrement supérieur pour les plateformes. Il s’élève à 25 % contre 21 % pour les téléconsultations assurées par les médecins généralistes. Dans le cas de consultations en présentiel, ce taux s’élève à 17 %. La différence n’est donc pas flagrante et elle s’explique notamment par le fait que les médecins des plateformes ne connaissent pas bien les patients. 

La part des téléconsultations faisant l’objet d’une prescription d’arrêt de travail atteint 10,7 % pour les médecins généralistes et 6,4 % pour les plateformes. Si on ne regarde que les patients pour lesquels les généralistes ne sont pas les médecins traitants, cela monte à 15,6 %. Concernant la durée des arrêts initiaux (et en excluant les renouvellements qui n’existent quasiment pas pour les plateformes), c’est 3,6 jours pour les généralistes et 2,6 jours pour les plateformes. 

(source : Aude Frapin – Le Quotidien du Médecin)

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