Transferts de compétences : désaccord entre l’ordre des médecins et les autres ordres

Le président de l’Ordre des médecins a dit ne pas comprendre que d’autres ordres « veuillent avoir l’accès direct pour la pathologie générale »

Alors que les syndicats de médecins libéraux s’inquiètent et se mobilisent face aux transferts qui se profilent, l’ordre des médecins s’oppose également avec la même énergie aux transferts de compétences promus par d’autres ordres de professions de santé.

Vaccination, primoprescription, accès direct aux paramédicaux, transferts de compétences, certains actes et activités jusqu’ici dévolus au médecin traitant passent ou vont passer dans les mains d’autres professionnels de santé, qui poussent pour faire bouger les lignes du parcours de soins et répondre à une démographie médicale déclinante. Aussi les sept ordres des professions de santé — et en particulier celui des médecins — ont-ils décidé d’avancer ensemble il y a plusieurs mois et de signer un accord paraphé au sein du comité de liaison inter-ordres.

Ce compromis ordinal traduit à sa façon la position du gouvernement et s’appuie sur deux axes principaux assumés : développer dans chaque territoire les partages d’actes et d’activités des médecins vers les professionnels de santé au sein d’équipes ; mais aussi « à défaut de médecin traitant disponible », permettre à d’autres professionnels de santé de gérer l’orientation du patient, y compris avec « une première prise en charge ». 

Les sept ordres professionnels s’étaient mis d’accord sur une position commune structurée en quatre axes dont le premier consiste à « améliorer l’accès au médecin traitant en développant le partage d’actes et d’activités entre médecins et professionnels de santé ». Depuis, l’ordre national infirmier a dévoilé ses propres propositions, visant notamment à « rendre effectif le transfert des compétences et à renforcer le rôle propre des infirmiers », en portant le principe d’un accès direct aux professions paramédicales.

Ce qui n’est du goût de l’Ordre des médecins. Son président François Arnault a dit ne pas comprendre que d’autres ordres « veuillent avoir l’accès direct pour la pathologie générale, cela ne rentre pas dans leurs compétences. Si on travaille ensemble, pour à la sortie dire sa partition qui n’a rien à voir avec ce qu’on a signé, je crains beaucoup pour l’intérêt du travail que l’on peut faire en commun ».

Quant à la proposition de loi portée par la députée Stéphanie Rist élargissant les compétences des professionnels de santé, dont l’examen est décalé à 2023, François Arnault a exprimé son opposition aux mesures envisagées. Selon lui, « les positions des médecins fondées sur la formation, les compétences des médecins, qui ne sont pas des prérogatives mais des compétences , tout en respectant les autres ». Il a réaffirmé la position de l’ordre, selon laquelle même en cas de difficultés d’accès aux médecins, « l’examen par le médecin dans l’entrée dans la maladie est indispensable », afin de permettre un diagnostic pour tout patient.

(source APMnews)

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