Suicide assisté, euthanasie : 85% des acteurs de soins défavorables à l’évolution de la législation

Plus de huit acteurs de soins sur 10 (85%) se déclarent défavorables à l’évolution de la législation vers l’instauration d’une mort provoquée intentionnellement, selon un sondage OpinionWay pour la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs.

Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé a publié un avis, mi-septembre, dans lequel il estime qu’il existe « une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes ».

Depuis, plusieurs travaux, dont une convention citoyenne, ont été lancés autour de la fin de vie, qui permettront, selon l’Élysée, « d’envisager le cas échéant les précisions et évolutions du cadre légal d’ici à la fin de l’année 2023 ».

Pour connaître l’avis des acteurs de soins palliatifs et des bénévoles afin de comprendre leurs attentes et leurs craintes autour de l’accompagnement des personnes en fin de vie, OpinionWay a mené une enquête. Pour ce sondage, 1 335 personnes exerçant en soins palliatifs, dont 1 009 acteurs de soin (infirmiers diplômés d’Etat, cadres de santé, médecins, psychologues, aides-soignants, travailleurs sociaux et rééducateurs) et 326 bénévoles, ont été interrogés à la fin de l’été.

La quasi-totalité des professionnels comme des bénévoles ont déclaré connaître le cadre législatif en vigueur, que 87% considèrent comme satisfaisant. Au total 85% des professionnels se sont dit défavorables à « l’évolution de la législation vers l’instauration d’une mort intentionnellement provoquée » (28 % plutôt pas favorables et 57 % pas du tout favorables). Parmi les bénévoles, ils sont 82 % à la rejeter également.

La mort intentionnellement provoquée peut-elle être considérée comme un soin ? Plus de huit répondants sur 10 (83 % parmi les acteurs de soins) répondent par la négative.

En cas d’évolution, acteurs de soins et bénévoles préfèrent le suicide assisté à l’euthanasie.

Si une forme de mort intentionnellement provoquée était légalisée, 40 % des acteurs de soin (49 % des médecins) se disent prêts à orienter le patient vers quelqu’un qui la pratique. Les professionnels sont également 28 % à accepter de veiller la personne jusqu’à son décès.

Seuls 12 % des médecins accepteraient de faire la prescription, et respectivement 7 % et 6 % des médecins et infirmiers de préparer et injecter le produit létal. Au total, 23 % des professionnels interrogés déclarent n’accepter de réaliser aucune de ces actions.

Pour 70 % d’entre ces professionnels de santé, l’évolution vers une légalisation de l’euthanasie engendrerait des risques de démissions. À l’inverse, 10 % évoquent des conséquences positives, soit un soulagement, une satisfaction au sein des équipes.

Si la loi venait à légaliser l’euthanasie administrée par un soignant, 35 % des acteurs de soins affirment qu’ils utiliseraient leur clause de conscience et 34 % que cela pourrait les conduire à quitter leur poste actuel.

(source : Enquête soins palliatifs – OpinionWay/Sfap)

Défilement vers le haut