Ségur de la santé : fureur des libéraux contre la Mutualité française

Au cours de la fin de la semaine dernière, de nombreux syndicats de professionnels de santé libéraux ont émis de vives critiques à l’encontre des propositions formulées par la Mutualité française dans le cadre du Ségur de la santé.

Parmi elles, plusieurs provoquent la colère des différents syndicats de professionnels de santé libéraux, dont la minoration sensible de la rémunération des professionnels du premier recours intervenant en dehors d’un espace de santé pluriprofessionnel et la diversification des modes de rémunération des professionnels de santé. La Mutualité propose également de réviser le processus conventionnel avec l’assurance maladie obligatoire et complémentaire en priorisant les négociations pluriprofessionnelles et de recentrer les ARS sur deux missions régaliennes : la sécurité sanitaire et la régulation de l’offre.

Jeudi dernier, l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS), qui regroupe 22 organisations syndicales représentatives de 12 professions de santé exerçant en libéral, a dénoncé « fermement les propos inacceptables tenus par la Mutualité française », estimant que « les acteurs de santé de ville ne sont pas cloisonnés ». L’intersyndicale demande « la reconnaissance des équipes ouvertes », c’est-à-dire celles « naturellement formées autour du parcours de soins du patient ». Pour cela, elle propose la mise à disposition de plusieurs outils dont « un onglet spécifique intégré dans le dossier médical partagé, permettant d’identifier l’équipe ouverte formée autour du patient ». Selon elle, « la coordination au sein des équipes ouvertes doit, en outre, être rémunérée », demandant ainsi « l’ouverture de négociations d’un avenant à l’accord-cadre interprofessionnel ».

De son côté, le Centre national des professionnels de santé libéraux a pointé « le caractère antilibéral et inutilement désagréable de ces propositions à l’égard des professionnels libéraux de santé ». Selon lui, la Mutualité, « à travers les propositions qu’elle formule, démontre qu’elle ignore les réalités de terrain de la médecine libérale de ville ». Le CNPS « croit comprendre que la Mutualité française voudrait imposer à l’ensemble des soins de ville un modèle forgé sur la contrainte avec des rémunérations forfaitaires à la capitation et partagées ». Il lui « rappelle que les libéraux travaillent déjà de manière coordonnée autour du patient malgré le fait qu’ils ne sont pas rémunérés pour le faire ». Il ajoute que « son attachement au système conventionnel national ne voit pas l’intérêt d’élargir le cénacle des négociateurs à d’autres que les syndicats représentatifs des professions concernées ».

 

FLORILÈGE DE COMMUNIQUÉS EXASPÉRÉS

• La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a dénoncé des « idées surréalistes » et a estimé que si « les médecins aujourd’hui travaillent et prennent en charge les Français de façon coordonnée », la formalisation de cette coordination doit néanmoins « s’améliorer tout particulièrement grâce aux outils numériques ». Il a pointé une « autre idée tout aussi déconnectée de la réalité », celle « de faire des ARS des régulateurs de l’offre ».La Mutualité semble enfin « ignorer que le paiement à l’acte est le facteur de l’efficience, et qu’il faudrait simplement accompagner ce mode de rémunération d’une valorisation de la qualité et de la pertinence ». La CSMF se dit « prête à s’engager dans cette démarche de qualité qui permettrait de mieux valoriser les actes » des médecins libéraux.

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• Le Syndicat des médecins libéraux (SML), a dénoncé « une surenchère entre les représentants des grandes organisations qui, de longue date, ne supportent pas qu’il puisse exister dans notre pays une autre forme de médecine que celle d’État ou des mutuelles ».

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• MG France dit « non aux idées de la Mutualité française » et lui « propose « de faire le ménage dans sa gestion avant de donner des leçons » aux libéraux ».

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• Le syndicat Chirurgiens-dentistes de France a déploré les « jugements à l’emporte-pièce » de la FNMF. « Plutôt que de faire des propositions en dépit du bon sens, les chirurgiens-dentistes invitent la Mutualité à s’occuper de ce qui la concerne, notamment de faire en sorte de diminuer ses frais de gestion pour permettre une meilleure couverture de ses adhérents ».

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• La Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs s’est dite « atterrée » par ces propositions. Elle a jugé que la Mutualité « porte gravement atteinte à l’exercice libéral ». « En appelant à la disparition du modèle actuel, elle tente d’imposer une vision dirigiste des réseaux de soins, en plaçant les soignants libéraux dans un système rigide et contraignant ». Le syndicat a également dénoncé les propositions de la Mutualité française concernant les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, l’accusant de « méconnaître l’importance du rôle des professionnels de santé libéraux au sein de ces établissements ».

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• Pour le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux , « la Mutualité française dépasse les bornes ». Il « dénonce avec force la manipulation de la Mutualité française qui tend à faire croire qu’il n’existerait qu’une seule forme viable d’exercice pluriprofessionnel », c’est-à-dire « une version majoritairement salariée » et « s’indigne de l’ingérence » de la FNMF dans la vie conventionnelle.

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• Le syndicat Convergence infirmière a pris connaissance des propositions avec « stupeur et colère », et « déplore la contribution délibérément provocatrice, qui vise à démanteler le système de soin libéral ».

(source : APMnews)

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