Pollution : les particules fines sont promotrices du cancer du poumon du non-fumeur

5 fois plus de personnes sont exposées aux particules fines qu’au tabac, mais le risque relatif de cancer du poumon est 15 fois supérieur

La pollution atmosphérique en particules fines est associée au risque de cancer du poumon du non-fumeur et cette corrélation s’explique par des mécanismes élucidés par des chercheurs britanniques qui ont présenté leurs travaux samedi 10 septembre lors d’une session présidentielle du congrès de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) à Paris.

La part des cancers bronchiques affectant des non-fumeurs progresse. Or ces cancers, dont le fardeau mutationnel est beaucoup moins important que celui des cancers des fumeurs, présentent fréquemment des mutations dans les gènes de l’EGFR* ou d’ALK**. Les mutations de l’EGFR concernent environ la moitié des cancers du poumon non à petites cellules survenant chez des personnes qui n’ont jamais fumé.

Les chercheurs britanniques ont constaté qu’en Angleterre, l’augmentation de la concentration atmosphérique en particules fines (PM2.5 pour particules de diamètre inférieur à 2,5 µm) était associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers. Chaque augmentation de 1 µg/m3 de la concentration en PM2.5 atmosphérique était associée à un surrisque de cancer du poumon de 16%, de mésothéliome de 19%, de cancer anal de 23%, de l’intestin grêle de 30%, ORL (entre 15% et 26%), et de glioblastomemultiforme (GBM).

Les chercheurs rappellent que cinq fois plus de personnes étaient exposées aux particules fines qu’au tabac, même si celui-ci a un risque relatif d’induire un cancer du poumon environ 15 fois supérieur. La différence c’est que les personnes ne peuvent pas choisir l’air qu’elles respirent.

  • EGFR : epidermal growth factor receptor, ** ALK : kinase du lymphome anaplasique

(source APMnews)

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