Personnes handicapées vieillissantes : surtout pas en EHPAD ?

Un réel besoin de coordination est nécessaire pour avoir un parcours d’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes.

L’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes tel qu’il existe aujourd’hui n’est pas adapté à l’accueil des personnes handicapées vieillissantes, ont estimé des experts du champ du handicap mercredi 31 août, lors des universités d’été du Conseil national consultatif des personnes handicapées.

Parmi les débats proposés, les universités d’été du CNCPH avaient choisi d’organiser une table ronde intitulée « L’Ehpad : destination finale pour tous ? ». Réfléchir à l’accueil des personnes handicapées vieillissantes en Ehpad, c’est faire se rencontrer « deux stéréotypes qui risquent de se potentialiser », a mis en garde d’emblée Fabrice Gzil, directeur adjoint de l’espace éthique d’Ile-de-France. Patrick Gohet, président de la Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap (FIRAH), a rappelé que les personnes handicapées connaissaient un vieillissement plus précoce que la population générale, qui peut de plus accroître le handicap d’origine et parfois susciter la survenue d’un handicap supplémentaire.

Cette précocité du vieillissement fait qu’un accueil de personnes handicapées de 40-50-55-60 ans en EHPAD entraîne de fait un décalage, notamment quand il y a un écart d’âge important avec les résidents âgés, un décalage en termes d’intérêts, de mécanisme de participation sociale, de spécificités de l’accompagnement.

Y a-t-il une inadéquation dans la forme d’accueil actuel ? L’EHPAD est-il la destination finale pour tous ? Les experts du champ du handicap répondent par la négative, même s’ils estiment que l’EHPAD reste un établissement qui a vocation à se maintenir tel qu’il est. Selon eux, tout l’enjeu est de savoir comment on accompagne autrement et comment on répond aux personnes en situation de handicap qui vieillissent dans une approche d’accessibilité. « Dire que la solution c’est l’EHPAD, c’est extrêmement dangereux ! », a tempêté Luc Gateau, président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis. « Mettre les gens avec des personnes de 85 ans, c’est un non-sens. On attend un panel de solutions, avec de l’anticipation, de la formation des professionnels ».

Et s’il n’y a pas de stratégie globale estiment les participants, il y a en revanche de nombreuses initiatives, et donc un réel besoin de coordination pour avoir un vrai parcours d’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes.

Et ils ont alerté sur les conséquences du mouvement de désinstitutionalisation dans le champ du handicap. Il est nécessaire d’anticiper les conséquences de ces politiques. Il faut donc « désinstitutionnaliser la mise en établissement sans désinstitutionnaliser l’accompagnement ».

(source APMnews)

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