Parcours de soins des personnes transgenres : dépsychiatriser et laisser place à l’autodétermination

En 2020, 9 000 personnes ont été prises en charge au titre de l’ALD d’un diagnostic de transidentité ou dysphorie de genre

Les parcours de soins doivent être « dépsychiatrisés » pour les personnes transgenres et reposer sur leur autodétermination, ce qui suppose de revoir les conditions de prise en charge par l’assurance maladie et d’accès à la chirurgie d’affirmation de genre, selon un rapport publié vendredi 11 mars sur le site du ministère des solidarités et de la santé. 

Ce rapport d’une centaine de pages a été rédigé par le Dr Hervé Picard, médecin généraliste et médecin de santé publique et Simon Jutant de l’association Acceptess-T, avec l’appui de Geneviève Gueydan de l’inspection générale des affaires sociales. « Ce rapport, écrivent ses rédacteurs, intervient à un moment qui laisse espérer des progrès possibles ; si la situation et les parcours de soins des personnes trans ont été et restent encore trop marqués du sceau de la pathologisation de la transidentité et de sa stigmatisation, des évolutions majeures du contexte peuvent en effet contribuer à de profonds changements ».

Les auteurs de ce rapport ont rencontré une grande diversité d’acteurs (institutionnels, associatifs, soignants) implantés dans différentes régions, ce qui a permis d’identifier « des pratiques de terrain qui montrent la voie pour de nouvelles approches des parcours de soins ».

Sur la base de leurs constats, ils formulent 20 recommandations pour améliorer des parcours de transition en s’appuyant sur l’entrée en vigueur depuis janvier de la 11e version de la classification internationale des maladies, la CIM-11.

Celle-ci dépsychiatrise l’incongruence de genre en la transférant du chapitre des affections psychiatriques vers celui de la santé sexuelle et les standards de soins de la World Professional Association for Transgender Health. Les rédacteurs du rapport prennent acte de cette « dépsychopathologisation » et mettent l’accent sur « la participation active des patients aux décisions qui les concernent ».

L’enjeu prioritaire est, selon eux, de renouveler l’organisation des parcours de transition, avec pour principes clefs l’autodétermination, le consentement éclairé, la reconnaissance de la diversité des parcours, une place renforcée des professionnels de santé de premier recours, un travail en réseau et un repositionnement du rôle de la psychiatrie.

En faisant reposer les parcours de soins sur l’autodétermination des personnes transgenre, et non plus sur l’évaluation psychiatrique d’un trouble de l’identité de genre, ils estiment qu’il est nécessaire de revoir les conditions de prise en charge actuellement appliquées par l’assurance maladie en affection de longue durée et d’accès à la chirurgie de genre.

En 2020, 9.000 personnes étaient prises en charge au titre de l’ALD d’un diagnostic de transidentité ou dysphorie de genre.

(source APMnews)

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