MEDICAM sera bientôt généralisé sur tout le territoire d’Occitanie

L’affaire a été rondement menée. En un peu plus d’un an, entre les premières discussions autour du projet et l’ouverture au public médical, le premier dispositif français de téléconsultation créé par des médecins pour des médecins a vu le jour en Occitanie.

Le président et les membres du bureau de l’URPS-ML d’Occitanie tournaient autour de ce projet depuis le début du printemps 2018. Le docteur Maurice Bensoussan était assez agacé devant le coût d’abonnement pour des prises de rendez-vous, des échanges entre médecins ou des annuaires réclamés aux médecins par les éditeurs de logiciels ou par des startups, et voulait reproduire la réussite de Médimail, cette messagerie sécurisée du monde médical d’Occitanie. Même méthode, mêmes recettes, même succès !

Rendez-vous fut pris en novembre 2018 avec le MIPIh, une structure publique de coopération inter-hospitalière toulousaine. Ce Groupement d’Intérêt Public qui développe des solutions pour les systèmes d’informations dans le monde de la santé avait créé Médimail en 2008, à la demande des médecins de Midi-Pyrénées, répond présent pour développer ce qui allait devenir Medicam. « Quand nous avons rencontré l’équipe du MiPih, explique le docteur Jean-Marc Castadère, nous leur avons donné un cahier des charges qui tenait en trois mots: simplicité, efficacité et sécurité. Nous ne voulions rien de compliqué, aussi simple que Médimail, aussi sécurisé que Médimail, utilisable sur ordinateur, sur tablette et sur smartphone, et fonctionnant aussi rapidement que Skype ou WhatsApp mais extrêmement sécurisé. Il nous fallait aller vite : la téléconsultation qui est un des cinq actes de télémédecine définis dans le Code de la santé publique a été créée le 15 septembre 2018 et ouverte à tout assuré, quel que soit son lieu de résidence, et à tout médecin, quelle que soit sa spécialité. »

Après la sollicitation de l’URPS à l’automne 2018, le rythme s’accélère. Le MIPIh présente une maquette en janvier 2019, l’URPS fait adopter par son assemblée générale le principe d’une réalisation en mars et signe avec le MIPIh un accord pour la remise d’un prototype en avril, et les premiers utilisateurs sont enrôlés en mai.

Après plusieurs mois d’ajustements en fonction des recommandations des médecins testeurs, le dispositif commence à fonctionner : « Notre objectif, explique Marielle Polonghini, directrice de l’Innovation et des Services du MIPIh, a été de monter le dispositif en étroite collaboration et co-construction avec les utilisateurs. On part du besoin exprimé par les utilisateurs pour développer les services attendus. »

Fin novembre 2019, Medicam est ouvert à l’ensemble des médecins libéraux d’Occitanie, et le 15 janvier de cette année, la solution de paiement est mise en place.

Voilà pour le planning de cette construction. Revenons en arrière sur une période d’expérimentation essentielle. Le projet de déploiement de l’outil de téléconsultation s’est construit sous la forme d’une étude de faisabilité qui a réellement débuté en mai 2019, avec une évaluation par le biais de questionnaires de patients et de médecins. L’inclusion de médecins s’est faite progressivement, avec 19 médecins libéraux, dont 7 généralistes, et 3 cliniques : clinique des Cèdres à Cornebarrieu, clinique Médipôle Garonne à Toulouse et clinique du Parc à Castelnau-le-Lez.

Il fallait ensuite préciser les évolutions de fonctionnalités à opérer pour répondre aux besoins et attentes des professionnels et des patients. « Le plus difficile a été la stabilité de la visioconférence, dit Marielle Polonghini. Nous avons testé cette stabilité de façon à réduire, voire empêcher la coupure de la visioconférence. Certains systèmes ne sont pas fiables à 99%, nous voulions d’abord conforter la partie technique. Nous avons eu d’excellents retours, aussi avons-nous poursuivi des développements de façon à construire un process de téléconsultations ! »

Le premier principe est que la téléconsultation ne peut être qu’à l’initiative du médecin. Contrairement à certains dispositifs qui sont mis en place actuellement, la téléconsultation ne peut jamais être à l’initiative d’un patient. La réglementation est respectée : c’est le médecin qui va proposer une telle consultation à un patient qu’il connaît. « Il est indispensable, dit le docteur Jean-Marc Castadère, que ce soit le médecin traitant qui utilise à bonne fin la téléconsultation pour éviter toute dérive préjudiciable pour le patient. »

La généralisation devrait s’étendre bientôt à l’ensemble des treize départements d’Occitanie grâce à une procédure d’enrôlement automatique permettant l’enregistrement progressif des médecins qui pratiqueront des téléconsultations. Cette mise en service gratuite du dispositif dédié aux libéraux de la région, prise en charge par l’URPS-ML, devrait connaître un engouement rapide, car les premiers médecins qui l’ont essayé ne veulent plus se séparer de cet outil numérique qui va leur changer la vie.

Odile Fraye

 

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