Médecins libéraux : devant la CSMF, François Braun esquisse la future convention

« Mon objectif est d’avoir des médecins qui s’installent volontairement dans les territoires sous-dotés, et qui s’y investissent. » François Braun

Le ministre de la santé et de la prévention, François Braun, a posé les pierres angulaires de la future convention des médecins libéraux lors d’une intervention en ouverture de la 28e université d’été de la Confédération des syndicats médicaux français, vendredi 23 septembre à Antibes.

 Devant la CSMF, le ministre de la santé s’est efforcé de rassurer les médecins sur ses intentions à l’égard du monde libéral, disant vouloir « parier sur le terrain », tout en appelant chacun à ses responsabilités, notamment pour la permanence des soins.

Evoquant la négociation de la future convention médicale, qui doit débuter entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et les syndicats représentatifs courant octobre, François Braun a souligné son attachement à la signature d’une « convention unique, impliquant à la fois les généralistes et les spécialistes », précisé qu’il n’entendait « pas revenir sur la place centrale de la rémunération à l’acte » et exprimé son hostilité aux mesures coercitives. Il a esquissé les grandes lignes de la lettre de cadrage qui sera envoyée à l’UNCAM pour la future convention médicale en évoquant quatre grands axes : le renforcement de la prévention et de la qualité des soins, l’action contre toutes les inégalités d’accès à la santé, la libération du temps médical et le développement de l’usage du numérique en santé. « Notre but est clair, a précisé le ministre : c’est de répondre aux besoins de santé, de toutes les Françaises, de tous les Français, peu importe où ils habitent, leurs revenus, leur situation sociale. C’est un objectif non négociable ».

Pour combattre les déserts médicaux, l’objectif du gouvernement de permettre à chaque Français de disposer d’un médecin traitant, en particulier pour les 400 000 patients en affection de longue durée, les personnes âgées et handicapées qui en sont dépourvus. « Il ne s’agit pas pour l’État de contraindre notre médecine libérale outre mesure, encore moins de la nationaliser », a-t-il insisté.

Répondant aux multiples voix qui s’élèvent parmi les usagers ou au Parlement en faveur de mesures coercitives, il s’est exprimé contre une éventuelle régulation de l’installation tendant à contraindre les jeunes médecins à s’installer dans les zones sous-dotées : « L’obligation n’est à mon sens pas la bonne solution », a souligné le ministre, jugeant nulle et non avenue la comparaison de la situation des médecins avec celle des enseignants. « Mon objectif est d’avoir des médecins qui s’installent volontairement dans les territoires sous-dotés, et qui s’y investissent. »

Son souhait est de simplifier les dispositifs d’aide à l’installation, en passant à une logique de guichet unique. De tels guichets ont déjà été mis en œuvre de manière disparate sous l’égide des agences régionales de santé depuis 2014.

En dépit de leur déploiement, la mise en place d’un dispositif de guichet unique revient régulièrement parmi les propositions et demandes des acteurs.

 AUTRES PISTES

Le ministre de la santé François Braun a également évoqué la question de la quatrième année d’internat de médecine générale. La mise en œuvre d’une quatrième année d’internat pour cette spécialité est toujours en suspens. La perspective d’en tirer parti pour augmenter le nombre de stages à l’hôpital pendant leur cursus, suggérée par le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, avait suscité de vives réactions au printemps.

S’agissant de la permanence des soins ambulatoires (PDSA), sans remettre en cause le principe du volontariat instauré en 2002, le ministre a qualifié son renforcement de priorité en appelant à la mobilisation des praticiens. « Soit, nos professionnels de santé s’organisent d’abord entre eux, et ils se positionnent eux-mêmes en veillant à remplir tout le tableau de garde, en offrant à nos concitoyens un accès à des soins non programmés sur tout le territoire, en soirée et le week-end. Soit, ils ne le font pas, et nécessairement il faudra prévoir une organisation. L’effort doit être organisé pour produire des résultats, et pour que ce soient bien tous les médecins du territoire qui se mobilisent : libéraux, salariés, hospitaliers, du public comme du privé. Tous doivent participer à l’effort, quel que soit leur statut ».

Il a vanté à cet égard la mise en œuvre du service d’accès aux soins et salué les organisations spécifiques mises en place par les praticiens libéraux pour faire face aux soins non programmés.

François Braun a ensuite cité comme deuxième priorité sa volonté de « remettre le rôle du médecin au cœur du soin », en libérant du temps médical, en simplifiant « tout ce qui peut l’être » et en améliorant les coopérations avec les autres professionnels de santé.

De nouveaux transferts de tâches sont au programme : « Nous travaillons également, avec le soutien des ordres, sur le transfert de tâches et les délégations de compétences aux autres professionnels de santé » 

( source APMnews)

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