L’urgentiste François Braun nommé ministre de la santé

Nommé ministre de la santé au sein du deuxième gouvernement d’Élisabeth Borne, le Dr François Braun a pris en charge ses fonctions lundi 4 juillet pour, dit-il, « conduire une rénovation du système de santé qui se trouve à bout de souffle, centrée sur les besoins de santé des Français, au plus près des différents territoires de la République, dans l’Hexagone mais aussi dans nos territoires ultra-marins ».

Les représentants des médecins libéraux se disent pour l’instant plutôt satisfaits de cette nomination de l’un des leurs.

L’urgentiste François Braun, qui a quitté la présidence de Samu-Urgences de France, a indiqué vouloir « recevoir les corps intermédiaires de la santé pour démarrer la grande concertation des parties prenantes, voulue par le président de la République, et nous nous déplacerons sur le terrain car je veux garder ce lien avec ceux qui m’accompagnent depuis plus de 30 ans et qui sont jour et nuit auprès des malades et de ceux souffrent. » Puis il a brossé un premier bilan de l’univers du soin : « Notre système de santé est capable de faire des choses extraordinaires, comme pendant la pandémie, mais il manque de souplesse, de visibilité. Il n’est plus compris par nos concitoyens mais aussi par nos soignants. Nous devons en être conscients. Les urgences générales, pédiatriques, psychiatriques, gynéco-obstétricales sont malades, l’hôpital n’est pas bien et tout notre système de santé est à bout de souffle ». La solution qu’il préconise est d’agir « au plus près des territoires avec les élus, les soignants et les soignés. Ce sont les territoires qui vont, grâce aux ARS, se saisir de la boîte à outils que nous devons leur remettre pour s’organiser localement. Il y a urgence pour lutter contre les inégalités d’accès à la santé dont les déserts médicaux sont l’emblème, urgence pour l’hôpital et ses soignants et professionnels de santé, terrassés par la crise Covid, urgence pour réunir la ville et l’hôpital, main dans la main et non plus côte à côte dans la seule volonté de répondre aux besoins de santé, urgence pour mettre enfin la prévention au centre de notre préoccupation dans une conception de santé globale que nous devons aux générations à venir. »

Les représentants des médecins libéraux se disent pour l’instant plutôt satisfaits de cette nomination de l’un des leurs. La conférence nationale des URPS s’est félicitée de ce choix « équilibré », qui témoigne « de la poursuite d’un dialogue ouvert et décloisonné avec toutes les parties prenantes du système de soins ». Cette nomination témoigne « de la volonté de prendre pleinement en compte les intérêts et les enjeux de l’hôpital comme de la médecine de ville, et de construire une réforme solide et durable du système de soins ».

Si la Fédération de l’hospitalisation privée se dit satisfait de « l’approche pragmatique » du nouveau ministre, tout comme la Fédération nationale des infirmiers, les représentants des hospitaliers se disent plus sceptiques, en notant que le rapport de la mission flash conduite par le Dr Braun « constitue un premier pas mais combien insuffisant, ce d’autant que certaines propositions n’ont pas été suivies ».

(sources : Marie Foult – Le Quotidien du Médecin et APMNews)

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