L’IGAS critique la gestion de la crise du Covid-19 en 2020

En cas de nouvelle crise majeure, l’IGAS préconise de mettre en place  « un centre de crise véritablement ministériel » avec des renforts préalablement désignés et formés à la gestion de crise

Un rapport rédigé par l’inspection générale des affaires sociales en 2020 mais jamais rendu public, sur la gestion des débuts de la crise du Covid-19, se montre très critique sur l’action du ministère de la santé, selon Le ParisienLe journal précise qu’il a tenté à plusieurs reprises d’y avoir accès de façon officielle et a essuyé des refus de l’IGAS, de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), du tribunal administratif et du Conseil d’Etat.

Selon le quotidien, ce rapport de retour d’expérience du pilotage de la réponse à l’épidémie de Covid, pour lequel 375 personnes ont été auditionnées, dresse un « constat accablant : impréparation, désorganisation et circuit de décision peu lisible ».
Au début de l’épidémie, le centre de crise sanitaire aurait été renforcé en urgence avec des personnes venant d’autres administrations mais manquant des compétences nécessaires.
Il est rappelé qu’avant cette crise, le Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales (Coruss) ne comptait que 11 agents. Il était rattaché à la sous-direction Veille et sécurité sanitaire de la Direction générale de la santé, elle-même comptant 35 agents. Le Coruss s’est avéré « sous-dimensionné ».
D’où la recommandation de l’IGAS de mettre en place en cas de nouvelle crise majeure « un centre de crise véritablement ministériel » avec des renforts préalablement désignés et formés à la gestion de crise.
L’IGAS déplore également que le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, ait dû au départ assurer lui-même la direction du centre de crise en plus de ses autres fonctions. Par ailleurs, les agents du centre de crise n’avaient pas de « vision claire et exhaustive » et parfois des activités ont été conduites en doublon, ou à l’inverse des sujets n’ont pas été pris en charge.
Quand une direction des opérations est mise en place à la mi-mars 2020, mais sans que son rôle soit affiché comme tel dans l’organigramme ni vraiment officialisé vis-à-vis de l’extérieur, d’autres cellules dédiées apparaissent en parallèle (sur la communication, les tests…). Il y a eu une « fragmentation du pilotage de la crise », et « pas moins de 25 organigrammes en trois mois ».
Autre point rapporté par Le Parisien : l’IGAS affirme aussi qu’au début de la crise, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ont été oubliés dans le dispositif du centre de crise sanitaire. Et une fois que le ministère de la santé s’est saisi de ce problème, selon les dirigeants d’EHPAD auditionnés, en pratique les recommandations envoyées par le ministère étaient « trop nombreuses, difficiles à lire et dans certains cas inapplicables ».
(source Le Parisien et APMnews)
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