Les IPA face à une reconnaissance salariale jugée insignifiante

En moyenne, elles attendent près de 8 mois pour exercé leurs nouvelles compétences après leur diplomation

Les infirmières en pratique avancée ne sont pas satisfaites : trop de difficultés rencontrées par ces professionnelles qui ont opté pour le salariat public et privé. C’est ce que révèle une enquête menée par le syndicat UNIPA (Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée).

Une reconnaissance salariale des infirmières IPA jugée « insignifiante », c’est ce qui ressort d’une enquête de l’UNIPA. Réalisée du 3 au 15 avril dernier, l’Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée a interrogé 331 IPA diplômées salariées afin de dresser un premier état des lieux de leurs conditions de travail et d’implantation.

Dans le secteur public, 24,2 % des IPA sondées disent ne pas avoir exercé directement leurs nouvelles compétences après leur diplomation, et ce alors qu’elles ont eu un financement institutionnel. En moyenne, elles attendent près de 8 mois. En cause : une absence de budget pour une création de poste, des difficultés organisationnelles (par exemple, des IPA placées à des postes d’infirmière pour pallier la pénurie). Ou encore la mise en place des concours sur titre : près de la moitié en aurait passé un alors que les établissements peuvent procéder à une intégration directe des agents qui étaient en catégorie A.

Dans le privé, même constat pour 26% des IPA sondées qui n’ont pas occupé ce poste directement après l’obtention de leur diplôme : elles attendent en moyenne 10 mois avant la prise de poste IPA. Selon l’UNIPA, cela s’expliquerait par des refus de directions de créer des postes, des problématiques de budget et de pénurie soignante, de refus de collaboration de médecins, ou encore un manque d’anticipation.

Dans le public comme dans le privé, les répondants soulèvent des freins communs au développement de leurs compétences : l’inertie des institutions, la méconnaissance du métier, le cadre réglementaire contraignant avec la présence du protocole d’organisation. Le syndicat appelle notamment à abroger ce dernier au travers de la proposition de loi Rist qui prévoit un accès direct dans le cadre d’un exercice coordonné, et à communiquer largement sur la profession.

Dans le public, 28% des sondés disent connaître une baisse ou une absence d’augmentation de leur salaire net par rapport à celui d’infirmière. Pour les autres, l’augmentation est minime : en moyenne 97 euros. Soit + 4,1 %… contre + 40 % en moyenne entre le métier socle et l’IPA dans les autres pays de l’OCDE.

Des IPA, issues de la Fonction publique territoriale, rappellent aussi qu’il n’y a toujours pas de grille salariale pour les IPA. L’Unipa appelle donc à augmenter fortement les grilles indiciaires IPA de la fonction publique, mais aussi à créer les grilles salariales dans la fonction publique territoriale, la Fonction publique d’État et dans le corps des armées.

(source Pauline Machard – Concours pluripro)

 

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