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Les espaces de télémédecine dans les gares contestés

Après l’annonce de la SNCF Gares & Connexions vendredi 17 novembre sur le déploiement d’espaces de santé, offrant notamment des points de téléconsultation, le Conseil national de l’ordre des médecins et le syndicat de l’Union française pour une médecine libre ont exprimé leurs inquiétudes quant au développement d’une telle activité et dénoncé une financiarisation de la santé.

Vendredi, la SNCF Gares & Connexions a annoncé avoir retenu Loxamed pour déployer des espaces de télémédecine et des services de soins complémentaires dans près de 300 gares d’ici à 2028 afin de faciliter l’accès aux soins dans les zones ne disposant pas d’une couverture médicale suffisante.

Les gares seront situées dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP) et les zones d’aménagement concerté (ZAC), caractérisées par une offre de soins insuffisante et une difficulté d’accès aux soins. Les lieux seront sélectionnés avec les agences régionales de santé. En outre, « chaque patient sera accompagné par un infirmier diplômé d’Etat », indique le groupe ferroviaire.

« Cette évolution de l’offre, selon le CNOMprend la tournure d’une véritable dérégulation de notre système de santé. Elle consacre de fortes inégalités territoriales d’accès aux soins, avec certains territoires qui seront encore un peu plus considérés comme de second rang, sans compter ceux éloignés de toute gare ». Et d’ajouter : « l’installation de ces box interroge sur les choix de l’assurance maladie de favoriser par son remboursement la téléconsultation, par rapport à l’exercice habituel des médecins, au début de nouvelles négociations conventionnelles. De plus, cette proposition de la SNCF Gares & Connexions ne répond pas ainsi aux exigences du code de la santé publique ». 

L’enjeu de financiarisation de la santé est également pointé par l’UFML-S, qui dénonce l’implantation annoncée de 300 cabines de téléconsultation sur le parvis des gares de différents territoires de France, en les appelant « les cabinafrics » : « une fois de plus, c’est sous le couvert de la résolution des déserts médicaux que la financiarisation étend ses bras de poulpe… C’est un fait constant : on enveloppe, toujours dans le plus beau des papiers, les forfaits les plus dégueulasses. Nous rappelons que la mainmise de la financiarisation sur le soin ne vise qu’à développer une médecine low cost très lucrative pour ces entreprises qui n’ont rien de bienfaitrices de l’humanité souffrante. » 

 (source APMnews)

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