Le vrai prix des cabines de téléconsultations

Crédit photo : Tessan

Se faire diagnostiquer angine ou otite à des kilomètres du médecin : les cabines ou bornes de téléconsultation essaiment en France. Avec plus ou moins de bonheur.

Face au manque criant de médecins, le conseil départemental de l’Ain a décidé, il y a deux ans, de s’équiper de ces structures. Les besoins médicaux sont indiscutablement là. Selon une étude de la DREES, près de 11 % de la population française habiterait des territoires sous-dotés en médecins généralistes. Pour contrer le phénomène, le département de l’Ain tente d’attirer de jeunes médecins internes. Mais en attendant les résultats de cette stratégie à long terme, il a voulu des réponses immédiates.

La toute première cabine a été installée fin 2020 dans l’espace santé de Montréal-la-Cluse. La société de télémédecine clinique, H4D, fournit la structure, dotée d’équipements médicaux qui vont du stéthoscope à l’otoscope connectés, avec en outre l’accès à la plateforme de médecins. Reste au département à mettre en place une personne chargée d’accueillir les patients, qui ont pris rendez-vous en amont.

Un an et demi plus tard, le retour est plutôt positif, certaines cabines enregistrant 180 consultations par mois. Le Covid a accéléré le mouvement, et des pharmacies, des maisons de quartier, voire des centres commerciaux, s’y sont mis.

La demande éveille indiscutablement l’intérêt du secteur privé. La société H4D a ainsi déjà installé 200 cabines en France. De son côté, Medadom, autre gros acteur du secteur créé en 2017, a déjà 2 000 bornes et cabines sur le territoire.

Mais ces solutions ont un coût non négligeable, que ce soit à la location ou à l’achat, parfois supporté par les collectivités. La première cabine a coûté 100 000 euros, avant une baisse des tarifs. La location pour l’implantation d’une grosse cabine revient à environ 2 500 euros par mois.

Par ailleurs, peut-on tout diagnostiquer depuis une cabine, de l’appendicite aux ganglions ? « Certainement pas ! Nous sommes réservés sur ces cabines, qui offrent un diagnostic dégradé par rapport à la consultation en cabinet », estime Jacques Battistoni, président de MG France, et explique qu’à la faveur de la crise démographique médicale, « des choses se mettent en place de façon anarchique et non organisée ».

(source AFP)

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