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Discours de Gabriel Attal, ce qu’il faut retenir…

Le premier ministre a prononcé un discours de politique générale d’une heure et demi à l’Assemblée. Photo MIGUEL MEDINA AFP

Gardes obligatoires, « une maladresse » selon les médecins libéraux

La menace de réintroduire les gardes obligatoires en ville, évoquée par Gabriel Attal lors de son discours de politique générale, inquiète les médecins libéraux. La contrainte pourrait être imposée aux médecins en soirée et le week-end, dans les départements sans services d’accès aux soins (SAS). Les représentants des médecins critiquent cette initiative, soulignant la méconnaissance des conseillers du Premier ministre et rappelant la confusion entre le SAS et la permanence des soins ambulatoire (PDS-A), déjà assurée par les médecins de manière volontaire.

La plateforme universelle du SAS, annoncée en 2017, n’est toujours pas pleinement opérationnelle, avec seulement 60 centres sur les 100 nécessaires, selon le ministère. Les médecins libéraux réagissent négativement à cette proposition, dénonçant le manque de médecins en ville et exprimant leur inquiétude quant à la possibilité que ces contraintes découragent l’installation des jeunes médecins et fassent fuir les retraités actifs participant aux gardes.

La présidente de MG France, le docteur Agnès Giannotti, estime que la complexité de l’organisation d’un SAS et son cahier des charges compliqué entre le Samu et la ville ne relèvent pas de la responsabilité des médecins. Elle souligne la nécessité de rendre la médecine générale attractive pour améliorer l’accès aux soins. Les médecins libéraux réclament également des repos compensateurs après une nuit de garde.

La Fédération hospitalière de France (FHF) salue quant à elle l’obligation de résultat pour l’ensemble des acteurs de santé impliqués dans la permanence des soins, considérant cela comme une bonne nouvelle pour les patients. Cette polémique sur les gardes pourrait mettre à l’épreuve les négociations conventionnelles en cours entre le gouvernement et les médecins libéraux.

Source Quotidien du médecin, Loan Tranthimy,

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Professions de santé, fin de vie

Gabriel Attal prévoit d’accélérer le recrutement de médecins étrangers, de nommer un émissaire pour attirer des médecins étrangers en France, et de faciliter le retour des Français ayant étudié à l’étranger. Il propose une meilleure reconnaissance des compétences des soignants et la régularisation des SAS pour améliorer l’accès aux soins.

Un projet de loi sur la vente en ligne de médicaments par les pharmacies est prévu au printemps, ainsi qu’un projet de loi sur l’industrie verte pour simplifier l’installation des industries.

Le Premier ministre a également annoncé un projet de loi sur l’aide active à mourir, examiné avant l’été.

Le Premier ministre souhaite également réformer l’aide médicale d’État (AME) avant l’été et propose des changements dans le dispositif « Mon soutien psy », le déploiement de maisons des adolescents et des mesures salariales pour le personnel médico-social et sanitaire en milieu scolaire.

En ce qui concerne le grand âge, il mentionne brièvement la facilitation du maintien à domicile et l’amélioration des conditions en Ehpad, sans évoquer la loi grand âge prévue cette année.

Source APM NEWS

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Quatre anciens ministres réagissent

François Braun, Roselyne Bachelot, Agnès Buzyn et Claude Evin (Photo Maryannick LE BRIS)

Roselyne Bachelot, François Braun, Agnès Buzyn et Claude Evin, ont partagé leurs points de vue lors d’une table ronde des Contrepoints de la santé, exprimant leur souhait de continuité dans les politiques publiques de santé tout en émettant des réserves sur les annonces récentes du Premier ministre, Gabriel Attal.

Claude Evin a souligné que le système de santé est intrinsèquement en crise permanente, résultant de la tension entre la demande de soins et les capacités du système financé socialement. François Braun a rappelé une situation similaire il y a 30 ans et a plaidé pour une évolution constante du système de santé, tout en soulignant la nécessité de surmonter le cloisonnement entre les acteurs.

Roselyne Bachelot a critiqué la « valse des ministres » et exprimé son insatisfaction quant au manque de continuité dans la mise en œuvre des réformes. Agnès Buzyn a insisté sur la transformation profonde du système de santé, rejetant l’idée d’une crise actuelle et plaidant pour des réformes continues. Elle a également souligné la pénurie de soignants comme la contrainte fondamentale de toutes les réformes.

Les participants ont également abordé des thèmes tels que l’anticipation du déficit de médecins, le financement du système de santé, la pertinence des soins, et la nécessité de politiques interministérielles volontaristes en matière de prévention. François Braun a souligné l’importance de la territorialisation et a critiqué la désorganisation territoriale causée par la loi NOTRe de 2015. La discussion a également porté sur la nécessité de coopération entre le public et le privé, avec une préférence pour une approche pluriannuelle dans la législation de la santé.

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