Dans le Tarn, le confinement a permis de booster la téléconsultation

Vu dans La dépêche du Midi 

Avant la crise sanitaire, quelques médecins tarnais proposaient la téléconsultation à leurs patients. Désormais plus répandue, elle pourrait rapidement rentrer dans les habitudes de chacun et permettre ainsi un plus grand accès aux soins.

Durant la première semaine de mars, seulement 31 actes de téléconsultation avaient été enregistrés dans le département par la Caisse primaire d’assurance maladie. Lors de la 2e semaine d’avril, un véritable pic a été constaté puisque 6 116 téléconsultations ont été réalisées par les professionnels de santé tarnais. Bien sûr l’effet confinement est indéniable. Mais au delà de ce fait, cette pratique désormais testée et validée par de nombreux médecins et patients, pourrait bien rentrer dans les mœurs.

Avant le confinement, le Dr Bayart, installée à Réalmont, avait déjà réalisé quelques téléconsultations de manière ponctuelle.  » C’est quelque chose que j’essayais de mettre en place depuis une petite année. Cela m’a posé quelques problèmes d’organisation car il a fallu par exemple former les secrétaires. Il fallait qu’elles puissent notamment identifier quels motifs pouvaient faire l’objet de téléconsultations et qu’elles apprennent à organiser l’agenda en fonction de cela », explique t-elle.

En effet, toutes les consultations ne peuvent pas être transformées en téléconsultations. « C’et une offre de soin supplémentaire qui peut être adaptée à certains motifs et à certains patients » rappelle t-elle. Car si certains actes ont été pratiqués avec des patients inconnus durant la crise afin d’endiguer le virus, la médecin généraliste souligne que « la confiance entre le docteur et le patient » est primordiale pour réaliser une téléconsultation efficace. « Cela engage notre responsabilité » rappelle t-elle.

Limiter les déplacements là où il manque des médecins

Si le Dr Bayart est convaincue par l’usage de la téléconsultation, elle va même plus loin et souhaite qu’à l’avenir, la téléconsultation soit possible en visio ou par téléphone, et qu’elle puisse également être mise en place avec d’autres professionnels de santé comme les pharmaciens ou les infirmiers libéraux. « Cela permettrait d’élargir l’offre de soins et de limiter les déplacements des patients, car je suis sur un secteur où la démographie médicale va être catastrophique dans les mois à venir », estime t-elle.

S’ils étaient nombreux à avoir pratiqué la téléconsultation avant la crise, durant celle-ci, près de 75 % des médecins du département y ont eu recours durant le confinement, soit 250 sur les 330 que compte le département. Un chiffre qui pourrait encore augmenter.

Emilie Lauria

Photo Emilie Cayre, Dépêche du Midi

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