Comment les départements veulent se débarrasser des déserts médicaux

En France, 30 % de la population vit dans un désert médical

Les départements ruraux font feu de tout bois pour attirer les jeunes médecins à tout prix. Avec une seule question qui, à leurs yeux, mérite une réponse immédiate : comment inciter les futurs praticiens à investir ces territoires délaissés ?

Grâce à la plate-forme « Accueil Médecins Aveyron », les internes bénéficient dans ce département d’Occitanie non seulement d’une aide financière et logistique à l’hébergement, mais disposent également d’un coaching sportif hebdomadaire et d’une formation auprès de sapeurs-pompiers.  C’est un exemple parmi d’autres qui montre la détermination des collectivités locales à se débarrasser des déserts médicaux.

La lutte contre les déserts médicaux passe par le recrutement de la nouvelle génération. En France, 30 % de la population vit dans un désert médical, et 11 % des jeunes de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant. Comment attirer les jeunes médecins à s’installer dans ces territoires délaissés ? Les syndicats des jeunes et futurs médecins – l’Association nationale des étudiants en médecine en France (Anemf), le Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR) et l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG) – s’opposent tous à la proposition d’une quatrième année d’internat. Le gouvernement envisage en effet de prolonger d’un an l’apprentissage pratique pour envoyer les étudiants en médecine générale dans les déserts médicaux.

Pour les jeunes syndicalistes, une année d’internat en plus, ce sont des milliers de médecins qui ne sortent pas des facultés chaque année. Ils sont par ailleurs sceptiques quant à l’impact des aides financières à l’installation dans les déserts ruraux. Les incitations existantes comme les différentes aides et exonérations fiscales sont jugées peu efficaces et méconnues des principaux destinataires. Et les facteurs déterminants à l’installation sont moins économiques que sociaux. Ainsi, parmi les facteurs déterminants à l’installation des jeunes médecins, on a identifié les possibilités d’emploi du conjoint et l’accompagnement dans les démarches d’installation.

Il faut savoir que, contrairement aux idées reçues, les déserts médicaux ne sont pas le résultat d’un refus des plus jeunes de s’installer en zone rurale. La jeune génération peut même investir avec entrain les zones sous-dotées, à condition de pouvoir exercer dans de bonnes conditions et d’avoir tout simplement la possibilité de s’y former.

(Source Margherita Nasi, Le Monde)

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