Cancer du poumon : la France parmi les pays européens ayant les plus forts taux de décès postopératoires

Dans l’analyse de sensibilité, la mortalité en France et en Allemagne restait supérieure à la moyenne.

La France se place, derrière l’Allemagne, parmi une dizaine de pays européens, pour son fort taux de mortalité après résection pulmonaire chez les patients atteints d’un cancer du poumon.

Le nombre d’établissements qui pratiquent la chirurgie du cancer bronchique a baissé mais reste encore important et des équipes chirurgicales ont une faible activité. Or, le nombre annuel de résections pulmonaires pratiquées constitue un des indicateurs influençant la mortalité postopératoire, celle-ci étant un indicateur de qualité de la chirurgie du cancer du poumon, indiquent le professeur Alain Bernard du CHU de Dijon et ses collègues dans la Revue des maladies respiratoires.

En voulant comparer la mortalité postopératoire en France par rapport aux autres pays européens, les médecins dijonnais ont pu recueillir des données de neuf pays, sans toutefois pouvoir estimer la mortalité en Italie ou en Suède. La Belgique, l’Allemagne et la France possèdent un nombre important de centres qui réalisent des résections pulmonaires pour cancer bronchique. Parmi le type de résections pulmonaires pratiquées, le pourcentage de pneumonectomie varie, d’un pays à l’autre, de 4 % à 14,5 %.

Le taux moyen de mortalité 30 jours après la résection pulmonaire pour les neuf pays étudiés était de 2,13 %, avec trois pays dépassant cette moyenne : l’Allemagne (2,94 %), la France (2,89 %) et la Norvège (2,74 %); la mortalité était inférieure à cette moyenne en Belgique (2,02 %), au Danemark (2,13 %), aux Pays-Bas (2,06 %), en Finlande (2,07 %), au Royaume-Uni (1,87 %) et en Espagne (1,16 %).

Dans l’analyse de sensibilité, après exclusion des études au Royaume-Uni et en Espagne, la mortalité en France et en Allemagne restait supérieure à la moyenne. Il apparaît par ailleurs que les pays ayant un pourcentage de pneumonectomie plus important avaient un taux de mortalité postopératoire plus élevé, comme la France.

En France comme en Allemagne, le nombre de centres réalisant des résections pulmonaires pour cancer bronchique est important et la pratique chirurgicale est dispersée, avec des équipes ayant une faible activité annuelle. Le volume d’activité peut expliquer l’excès de mortalité, estiment les chercheurs. En outre, des pays comme le Royaume-Uni ont moins de centres qui pratiquent la chirurgie thoracique et par conséquent, les volumes d’activités sont plus importants. En l’absence de données européennes exhaustives, ces résultats suggèrent que la France fait partie des pays européens qui ont un taux de mortalité postopératoire parmi les plus élevés.

(Source APMnews)

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