Au quotidien avec la pandémie : Olivier Darreye, médecin généraliste à Vayrac (Lot)

« Le danger est de croire que c’est fini et d’être moins attentif.»

Le Lot est le seul département de toute l’Occitanie qui n’aie pas de lieux dédiés au Covid-19. Ce qui ne signifie pas que les médecins lotois n’aient pas souhaité les mettre en place.

« Nous avons repéré quatre ou cinq endroits sur le territoire où l’on pouvait créer des centres Covid si ça s’avérait nécessaire, mais ce n’est pas d’actualité aujourd’hui », explique le Dr Olivier Darreye, précisant à cet égard : « Je n’aime pas trop le terme de « centre Covid » qui a un côté hôpital de campagne, alors que c’est exactement l’inverse : ils doivent être des lieux dédiés de consultations ou/et de prélèvements très bien organisés et régulés.» Le Lot est un département peu peuplé et la majorité de ses habitants est âgée. Le médecin généraliste de Vayrac le connaît bien. Il exerce dans un petit village de 1 200 habitants, situé dans le Haut Quercy, au cœur de la vallée de la Dordogne.

« Le nord du département regroupe une communauté de communes de 40 000 habitants. Mais la densité de population rapportée à un vaste territoire, même si elle est hétérogène, reste faible. Il faut imaginer qu’il faut deux heures pour aller d’un point à un autre. » La distanciation est de fait sur ce territoire qui a été à peine effleuré par l’épidémie : « Nous comptons une trentaine de patients hospitalisés, dont 9 en réanimation et 9 décès depuis le début de l’épidémie, dans notre département. Ce sont les personnes aâgées en collectivité qui restent notre préoccupation majeure : nous avons une forte épidémie dans les Ehpad, Usld et résidences autonomie dans le secteur St-Céré/Biars/ Bretenoux, signe que la maladie peut repartir vers l’ensemble de la population très vite », souligne le généraliste. « Il faut rester très vigilant et organisé. J’ai ouvert, à coté de mon cabinet, un lieu spécialement destiné à des gens infectés. J’ai pu le faire parce qu’on m’a proposé un local, le pharmacien et l’équipe de soins primaire se sont démenés pour trouver du matériel, et la mairie organise le nettoyage… ».

S’il est vrai que ce cabinet a accueilli peu de malades, le Dr Olivier Darreye a jugé utile l’organisation d’une cellule de crise départementale pour se coordonner entre l’URPS, l’Ordre des médecins, l’ARS, les infectiologues de l’hôpital, et le centre 15. Objectif : faire tourner les informations entre professionnels de santé du territoire. Selon l’élu de l’URPS, il faut surtout éviter de perdre en vigilance : « La gravité de cette maladie est liée à la charge virale, c’est-à-dire à l’importance de la contamination. Plus on est en contact avec des gens contagieux, plus on risque de développer une maladie. Le danger est de croire que c’est fini et d’être moins attentif. Il faut apprendre à vivre plusieurs mois avec ce virus, à conserver les habitudes que nous avons prises, à continuer à faire des téléconsultations, notamment pour les gens infectés. J’insiste beaucoup sur la protection des médecins et des locaux et ainsi des patients : si les gens ont peur d’aller dans les cabinets médicaux, c’est qu’ils ont peur de se faire contaminer. Il faut qu’ils puissent se faire examiner en toute sécurité. »

Philippe Meursault

COVID19 – Le bon réflexe : contacter le médecin traitant en première intention
Défilement vers le haut