Au quotidien avec la pandémie : Marguerite Bayart, généraliste à Réalmont (Tarn)

« Avec le Covid-19, on a senti la pertinence des structures territoriales embryonnaires. »

« Il nous a fallu pédaler à l’envers ! ».

Cette phrase du Dr Marguerite Bayart résume parfaitement l’état d’esprit particulier qui a dominé la médecine ambulatoire en Occitanie dès le 17 mars dernier. « La révolution a été de se retrouver dans des cabinets vidés des patients. En tant que généraliste, nous sommes habitués au colloque singulier, à la présence du patient, et à appuyer nos décisions sur un examen clinique. C’est ce qui fait toute notre force. Nous nous sommes retrouvés à consulter par visioconférence ou par téléphone. Nous avons vécu cette période comme un arrêt brutal en plein vol. Nous avons dû changer complètement nos pratiques, passer du physique au virtuel. Nos secrétaires ont été au début en première ligne sans aucune autonomie pour donner des RDV, nous étions en régulation systématique – Nous avons dû assurer à la fois la gestion des patients suspects sans oublier nos patients chroniques. Il a fallu se placer dans une autre modalité de travail ceci dans un temps très rapide, et montrer une souplesse et une adaptabilité très rapide. »

Avec d’autres professionnels de santé, la généraliste de Réalmont dans le Tarn a favorisé assez rapidement la formalisation d’organisation Covid-19 : « Il fallait se préparer à recevoir une grosse partie de patients. Je suis partie du postulat que même si j’organisais le parcours de patients à la maison de santé (deux circuits possibles de patients), le respect des règles d’hygiènes était difficile à tenir, même avec toute la bonne volonté du monde. »

D’où l’idée d’un lieu dédié, pour protéger à la fois les patients et les soignants. « J’ai appelé la mairie d’une des villes de la CPTS, Graulhet. Le maire a mis à disposition le forum. Afin de mobiliser les professionnels du territoire nous avons invité tous les professionnels de la CPTS avec la participation de deux médecins de l’hôpital d’Albi. Une infectiologue et un médecin du dispensaire ont d’emblée posé la gravité de la situation. Nous avons réfléchi au rôle de la CPTS dans ce contexte d’urgence. »

Aujourd’hui, il y a 11 sites dédiés entre Castres et Albi. Des dynamiques d’équipe se sont structurées. « Les CPTS étaient embryonnaires avant le coronavirus, elles sont passées à maturité en très peu de temps, en moins de 15 jours », dit le Dr Marguerite Bayart. « On a senti la pertinence de ces structures territoriales et on a rempli plusieurs des missions de la CPTS, c’est-à-dire répondre à la demande de soins non-programmée, avoir un médecin traitant sur le territoire, et assurer une mission de santé publique. À travers la crise sanitaire du Covid, on prouve que c’est le bon échelon. Cela a montré parfaitement son efficacité. »

Philippe Meursault

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