Au quotidien avec la pandémie : Christian Vedrenne, généraliste à Saint-Paul de Fenouillet (66)

« Nos consœurs nous ont dit de rester en arrière et qu’elles s’occupaient de la première ligne. »

 

 

 

Ghislaine Vedrenne est une femme prévoyante. L’épouse du médecin généraliste de Saint-Paul-de-Fenouillet avait conservé le stock de masques que le Dr Christian Vedrenne avait reçu en nombre en 2009 lors de la crise du H1N1. « J’ai distribué quelques boîtes à mes confrères, cela nous a permis de démarrer d’emblée, explique le médecin des Pyrénées-Orientales. Je savais qu’ils étaient jugés périmés, mais ils nous ont bien servis. « Et il ajoute avec un petit sourire en coin : « C’est seulement avec 30 ans d’exercice qu’on commence à avoir le réflexe de se dire qu’il y a des choses qu’il faut savoir garder. Et le matériel que j’ai reçu aujourd’hui, payé par la tutelle, je n’ai pas l’intention de le retourner à la fin de la crise. » Quand on sait que ces masques sont issus du fameux stock de 1,4 milliards de pièces constitué sous l’autorité de Roselyne Bachelot et que Marisol Touraine aux commandes du ministère de l’avenue de Ségur en 2012 laisse s’étioler, l’anecdote racontée par Christian Vedrenne laisse songeur. Entre la maison de Maury où le médecin habite et exerce à mi-temps, la maison de santé de Saint-Paul-de-Fenouillet qu’il partage avec trois autres médecins et les alentours, la région n’a pas été touchée par le Covid-19, « pour le moment il n’y a eu que des vaguelettes ». Et de préciser : « Nous avons eu le temps de nous mettre en ordre de bataille, et nous avons su être réactifs. Néanmoins, au départ, nous avons eu un peu peur, parce que les premiers cas se sont déclarés chez nous dans les Pyrénées Orientales. Une partie de notre population citadine n’avait pas bien perçu ce qu’était la distanciation. Les regroupements non-conseillés étaient quotidiens. À présent le message est passé, même les recommandations, dans les supermarchés notamment, sont respectées. »

Quelque chose de surnaturel

À la maison de santé, les médecins plus jeunes, deux femmes de 35 et 45 ans, sont montées au front : « Je tiens à les remercier. Elles nous ont dit de rester en arrière et qu’elles s’occupaient de la première ligne. Mon collègue a la soixantaine comme moi et les pathologies qui vont avec, même si j’y rajoute un certain embonpoint. Nous nous sommes appuyés alors sur la téléconsultation. Nous avons vécu ce début de confinement comme quelque chose de surnaturel, car nous n’étions pas habitués à un tel fonctionnement. Il est vrai que de consulter toute la journée en tenue de combat avec des blouses, des masques, des sur-chaussures, etc., ce n’est pas notre exercice quotidien. Tout cet harnachement est compliqué et les patients ont été surpris. Mais cela nous permet de nous sentir protégés. »

Pierre Kerjean

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